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L'envoi de renforts en Afghanistan et le sommet de l'Otan à Bucarest illustrent le virage prôné par le Président. Décryptage.
Quelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un
"briefing" d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006:
"L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant"... "l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale"... "le risque est que
l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier."
Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un "briefing" de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours:
"Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient
déjà dans les faits... Sa vision du monde: la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture... L'Otan devient globale, y compris en Afrique".
"Situer la France au sein de sa famille occidentale"
Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et
par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.
Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. "Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui
qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier", souligne notre "briefeur". On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur:
"J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la
France, et c’était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de
l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa
famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix.".
Appelons cela l'Atlantisme décomplexé... C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours
prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans
le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme "Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini"... Un choix stratégique qui tourne le dos à
quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises: une partie de l'UMP appréciera.
Faire intervenir l'Otan en Afrique?
Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que
les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan:
"Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert"...
Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline.
L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la
sécurité mondiale.
Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et
peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam
de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.
L'Otan est devenue incontournable: cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant
les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le "hors zone",
c'est-à-dire sur les interventions hors du "théâtre" historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de
rupture avec la Françafrique!
Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de "bloc" qui
peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à
favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années
montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer.
Par Pierre Haski | Rue89
http://www.rue89.com/
LE MONDE - Robert Solé
A Buckingham et à Windsor, on a mis les petits plats dans les grands. Big Ben n'arrête pas de sonner. Tout le royaume est sur les dents.
Sa Gracieuse Majesté a sorti le grand jeu pour t'accueillir avec Carla. La vie est belle, n'est-elle pas ? Tu as révisé ton anglais, appris le protocole par coeur et retenu tous les
commandements.
Dans le carrosse tu éviteras de t'agiter excessivement
Devant la reine point ne seras désinvolte aucunement
Sa main ne saisiras pas, et son épaule pareillement
A ton portable ne répondras, même s'il sonne longuement
Ta Rolex ne consulteras qu'en cas d'urgence seulement
Tes Ray-Ban ne chausseras, fût-ce au risque d'éblouissement
Aux Communes point ne feras de promesses imprudemment
Faux témoignage ne porteras, ni mentiras nullement
Le bien de Charles ne convoiteras, pour l'avoir injustement
Coléreux point ne seras, de fait ni volontairement
A l'agresseur tu éviteras de dire "Casse-toi !" furieusement
Et en France tu nous reviendras, transformé complètement
Tandis que les Français terminent leurs vacances de février, le gouvernement s'inquiète d'un retour de l'inflation. Il y a un an, la candidate socialiste était raillée quand elle
dénonçait d'une part la vie chère et d'autre part la faible pertinence de la mesure actuelle de l'inflation pour une majorité de ménages.
François Fillon, lundi 25 février, a ainsi promis une " opération coup de poing". L'opération est surtout verbale. A moins de vouloir revenir au contrôle des prix, on ne voit pas de quel
droit un gouvernement d'obédience libérale reprocherait aux entreprises et distributeurs de faire des profits. C'est un peu le principe du système... Fillon tente d'inventer un concept: celui de
l'augmentation de prix " abusive". " L'objectif est également d'expliquer les raisons des prix plus élevés en France que chez nos voisins européen" ( source).
Le gouvernement s'inquiète en fait de l'absence d'effet de la réforme de la loi Galland en décembre dernier.
"Il y a quelques mois, M. Chatel avait estimé que cette réforme entraînerait une baisse des prix de 3% à 7% sur les produits de grandes marques. Lundi, il a a refusé de donner
des prévisions, mais selon lui, les prix en France sont "5% plus chers en moyenne que les autres pays européens dans la grande consommation".
Les distributeurs préviennent que les prix vont continuer de monter. Michel-Edouard Leclerc, patron des centres éponymes, prévoit une augmentation de 4% chaque mois au cours du
premier semestre, alors que le patronat des distributeurs (FCD) évoque +3% sur 2008."(source).
Coté croissance, l'échec fut relatif en 2007 : Sarkozy est arrivé en cours d'année aux commandes, son paquet fiscal n'a pas produit grands résultats.
Pourtant, on ne saurait accuser l'environnement extérieur. La croissance
française n'a été que de 1,9% contre une moyenne européenne de 2,7%. Le plus surprenant est que la France semble être devenue improductive.
Les opposants aux 35 heures dénonceront une France de flemmards, qui n'a plus goût au travail. Les réalistes souligneront que (1) les employeurs ont toute latitude pour imposer des heures
supplémentaires si le travail est nécessaire (grâce aux aménagements des gouvernements Raffarin et Villepin), et (2) la défiscalisation des heures supplémentaires depuis le 1er octobre n'a eu ...
aucun effet sur la durée moyenne travaillée en 2007. Même pas un petit quart
d'heure de plus par Français !
De façon surprenant, certains membres du gouvernement semble mesurer l'échec de certains de leurs principes initiaux ("travailler plus ..."). Ainsi, lors de la récente émission A VOUS DE JUGER sur France 2, Xavier Bertrand a admis
qu'il ne servait à rien de reculer l'âge légal de départ à la retraite puisque les Français partaient, faute de travail suffisant, plutôt vers 58 ans que 60 ans.
En 2008, les prévisions de croissance sont exécrables : "selon les prévisions publiées le 21 février par la Commission, la croissance française ne dépassera pas 1,7 % (1,5 % selon le FMI), soit
légèrement moins bien que l’ensemble de la zone euro (1,8 %). " (source: LES
COULISSES DE BRUXELLES). L'équation budgétaire du gouvernement est donc en péril. la prévision de déficit budgétaire reposait sur une croissance de 2,25% !
Croissance et inflation, les deux terrains d'action favoris de la droite au pouvoir sont ceux de l'échec pour l'équipe Sarkozy.
Surprenant ?
1 .000 policiers sont déployés depuis 6h ce matin dans la commune du Val d'Oise, dans les villes limitrophes de Sarcelles et de Gonesse, ainsi qu'en Seine-Saint-Denis, dans le but
d'interpeller les auteurs de violences contre les forces de l'ordre, fin novembre. 33 personnes ont été arrêtées.
Réagissant à l'importante intervention des forces de l'ordre à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) lancée lundi 18 février à l'aube, afin d'interpeller les auteurs de violences contre des
policiers survenues fin novembre dans cette ville, Ségolène Royal et François Bayrou ont tous deux dénoncé la présence des médias sur les lieux. Il s'agit d'"une opération policière médiatisée",
d'"un dysfonctionnement grave de la République", a déclaré Ségolène Royal. François Bayrou a jugé, lui, que l'opération policière mélangeait "la justice et la mise en scène".
S. Royal : Une manipulation
Il s'agit d'"une opération policière médiatisée", a dénoncé Ségolène Royal. " Ce qui m'étonne, c'est qu'il y a eu, semble-t-il, des caméras pour accompagner les forces de police. On connaît ça
maintenant avant chaque échéance municipale, je crois que c'est un dysfonctionnement grave de la République " .. " Quand des caméras accompagnent des opérations policières massives en période
municipale, c'est une façon d'influencer l'opinion, de vouloir faire peur " .. " Il ne faudrait pas que la campagne électorale des municipales donne lieu à des opérations policières médiatisées "
.. " le président de la République en revient au vieux réflexe de politique spectacle sécuritaire, parce que là où il échoue sur le plan économique et social, il veut faire croire qu'il continue
à maîtriser les choses sur la question de la sécurité, ce qui n'est pas le cas ".. " J'espère que les Français vont sanctionner par leur vote ce type de manipulation ".
F. Bayrou : Ne pas mettre en scène
Pour sa part, François Bayrou a appelé lundi à " ne pas mélanger la justice et la mise en scène" à propos de l'opération de police à Villiers-le-Bel. " Il est nécessaire de respecter le droit, la
loi et la justice, et des incidents comme ceux qui ont eu lieu (en novembre 2007) doivent avoir des suites " .. " Il semble que la presse a été conviée, et là je suis nettement plus réservé. J'ai
toujours considéré que la justice ne devait pas s'accompagner d'une mise en scène. La justice, c'est fait pour obtenir l'arrestation et moins pour faire de la communication ".
Invité à dire s'il pensait que l'opération avait été planifiée en rapport avec la campagne électorale des municipales, il a répondu: "A votre avis ?".." On ne doit pas mélanger la justice et la
mise en scène ".
Près d'un millier de membres des forces de l'ordre ont été mobilisés, lors d'une vaste opération policière lundi matin à Villiers-le-Bel destinée à interpeller les auteurs de violences contre des
policiers survenues fin novembre dans cette ville. Trente-trois personnes ont été interpellées.
Nouvelobs.com
Chercheuse au CNRS, l'historienne Annette Wieviorka est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Shoah dont Auschwitz expliquée à ma fille
(Seuil). La chercheuse estime qu'il n'y a pas de risque d'oubli et que la proposition du chef de l'Etat est même dangereuse pour la démocratie. Ce n'est pas le rôle du président que de s'occuper
du contenu de l'enseignement scolaire
Un "cadeau"? Ce terme est insultant
"En entendant la proposition du président de la République, j'ai d'abord été choquée, puis révoltée. Et l'âge évoqué (10 ans) rend cette idée
encore plus choquante. Mais mon hostilité aurait été identique à n'importe quel âge. Que veut-on faire? Jumeler un enfant vivant et un enfant mort? Donner au vivant la charge d'un fantôme,
l'introduire dans la mort? Doubler sa vie de la mort d'un autre? C'est insupportable. "On ne traumatise pas un enfant en lui faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays", a dit vendredi
Nicolas Sarkozy. Un cadeau ? Mais ce terme est insultant! La mémoire de ces enfants assassinés n'est certainement pas un cadeau. C'est une tragédie, une charge. Les enfants de 10 ans, on peut
leur faire d'autres "merveilleux cadeaux" que celui-là. Alors comme Simone Veil, je trouve cette proposition "inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout injuste". Nos
enfants, nos petits-enfants n'ont pas à porter des crimes qui ne sont pas ceux de leur génération. Il faut bien mal connaître les enfants pour faire une telle proposition, tout à fait indécente.
A ce compte-là, si l'on veut aller plus loin encore dans l'obscénité, pourquoi pas servir la soupe d'Auschwitz à la cantine des écoles une fois par an?
Lubie ou "coup" mémoriel
Pourquoi cette proposition? Je ne sais pas. Il n'y a pas eu de demande de la communauté juive. Je pense plutôt à une lubie ou à un "coup" mémoriel, plutôt raté
puisqu'il me semble qu'à l'exception de Serge Klarsfeld, qui vit depuis des années en compagnie de ces enfants morts dont il a retrouvé les noms, et pour beaucoup d'entre eux les visages, ce dont
nous lui sommes à jamais reconnaissants, la proposition n'a pas rencontré grand succès. Le président de la République avait déjà exigé que les enseignants célèbrent la mémoire de Guy Môquet. Ces
injonctions, hors de propos, dont on comprend mal la logique, me semblent néfastes. Elles imposent un usage politique étroit de l'Histoire. De façon curieuse, elles plongent les enfants et les
adolescents dans le culte d'enfants et d'adolescents de leur âge morts. Je trouve étrange et malsain que ce Président, qui prétend représenter la jeunesse, ne donne aux jeunes comme modèles que
des jeunes assassinés, qui n'ont pas demandé à mourir. Nicolas Sarkozy doit trouver ces thèmes de la déportation et de la Résistance porteurs, moins glissants que d'autres périodes de l'Histoire
qui seraient plus conflictuelles. Mais la façon dont il intervient dans le débat aboutit à faire de ces sujets, sur lesquels il y avait accord, des sujets de discorde. Parce qu'il s'agit de sa
part d'injonctions qui ne sont ni pensées ni conçues dans la concertation. Encore une fois, ce sont des coups. Il n'y a ni réflexion ni profondeur.
Il n'y a pas de risque d'oubli
J'ai écrit Auschwitz expliqué à ma fille en pensant à des enfants de 14-15 ans, l'âge de ma fille à cette époque. Elle était en 3e. Je ne pense pas qu'il y
ait un âge idéal pour évoquer la Shoah avec les jeunes. Ce que je sais, c'est qu'il faut attendre. Aborder le génocide des juifs à l'école primaire est selon moi une mauvaise chose. La
spécificité de la Shoah n'est guère compréhensible aux écoliers. Comment comprendre que des hommes sont venus chercher des enfants de leur âge, parfois dans leur propre école, pour aller les tuer
à des milliers de kilomètres de là? C'est aujourd'hui encore incompréhensible à nos esprits d'adultes, ça l'est forcément pour des enfants. Il y a la littérature, les visites des survivants dans
les classes, des films autant qu'on en veut, autant de moyens d'entrer dans cette Histoire sans ajouter cette surcharge émotionnelle insupportable. L'enseignement de la Shoah en France est très
satisfaisant, énormément de choses ont été mises en place. Il est faux de dire, comme Nicolas Sarkozy: "Si vous ne leur parlez pas de ce drame-là, ne vous étonnez pas que cela se
reproduise." Il n'y a pas de risque d'oubli. Cette période historique est sans doute celle sur laquelle on insiste le plus au cours de la scolarité, celle pour laquelle les moyens les plus
considérables sont déployés.
Dangereux pour la démocratie
Les enseignants n'aiment guère cette incursion du politique dans leurs classes. Certes, il leur reste la liberté de travailler selon leur conscience. Mais je trouve
la démarche de Nicolas Sarkozy significative d'un manque de confiance à leur égard. Avec lui, l'Etat se mêle trop de l'enseignement de l'Histoire. Cela me choque beaucoup. Que l'Etat organise des
célébrations, des commémorations, c'est normal. Mais un président de la République n'a pas à faire le métier des enseignants à leur place. C'est insultant. Il existe des procédures régissant la
rédaction des programmes, il existe un ministère de l'Education nationale, avec des enseignants, des inspecteurs... Il n'a pas non plus à délivrer des bouts d'idéologie en permanence. C'est
dangereux pour la liberté des historiens et pour la démocratie. Je fais en cela le rapprochement entre la proposition de Nicolas Sarkozy sur la mémoire des enfants juifs morts et ses discours de
Saint-Jean-de-Latran et de Riyad sur la religion. On n'a jamais vu ça en France, un président de la République intervenant sans cesse à-propos ou hors de propos dans des domaines qui ne relèvent
pas nécessairement de sa fonction. Nous avons en France une séparation entre l'Eglise et l'Etat et c'est très bien comme ça. Et ce n'est pas à lui de la remettre en cause. Ni de décider des
enseignements que doivent recevoir les écoliers."
Propos recueilis par Alexandre Duyck
"Le Journal du Dimanche"
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