Dimanche 28 janvier 2007
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Ségolène Royal s’est élevée samedi contre la "politique de brutalité et de désintérêt" de la droite à l’égard des DOM-TOM, lors d’une étape mouvementée de sa tournée antillaise à Pointe-à-Pitre.
En effet dans les rues aux balcons ouvragés de la ville, la candidate socialiste à la présidentielle n’a pas pu terminer sa visite à pieds devant l’affluence.
Devant des centaines de personnes réunies sur la place de l’Hôtel-de-Ville, comme elle l’avait fait en Martinique la veille, Ségolène Royal a rendu hommage à l’identité et à la diversité antillaises.
LES DOM ONT PAYE "L’IMPOT DU SANG"
"Je veux affirmer ici (…) que les Outre-Mers ne sont pas des périphéries, mais au contraire au centre d’une question majeure pour la France: s’accepter riche et fière de sa diversité", a déclaré celle qui s’est présentée vendredi comme la future présidente d’une "France métissée".
"La Guadeloupe et la Martinique ont été actrices de l’histoire de France parfois depuis plus longtemps que certaines régions de métropole, y compris en payant l’impôt du sang", a-t-elle rappelé, promettant aux Guadeloupéens une politique ultra-marine élaborée en concertation avec les populations des DOM-TOM.
"Je sais (…) l’abandon budgétaire dont vous souffrez, le chômage, l’Etat qui n’acquitte pas ses dettes. C’est pour cela que l’alternance est nécessaire pour mettre fin à une droite faite de brutalité, de désintérêt à l’égard des territoires qui en ont le plus besoin".
Comme à Fort-de-France, son programme mentionnait une visite à pied des rues commerçantes et du marché aux épices, un parcours finalement écourté, sous l’oeil d’un important cordon de sécurité.
L’impétrante a tenté de se déplacer au coeur d’un essaim de journalistes, de militants et de curieux, séparés d’elle tant bien que mal par une corde blanche tendue par le service d’ordre.
A l’entrée du marché couvert, une vieille dame en tenue traditionnelle - robe blanche brodée et coiffe multicolore - lui a offert une bouteille de rhum pour lui "porter chance".
Quelques mètres plus loin, bloquée par la foule, elle a pu entendre jouer un orchestre de "gwo ka", la musique traditionnelle de Guadeloupe. Son leader a ensuite poursuivi la délégation une boîte à chaussures à la main pour récupérer quelques pièces de monnaie: la quête a été finalement organisée par la candidate elle-même parmi ses proches.
Avant son départ pour la Guadeloupe, la candidate du PS a rencontré le président de la région Martinique, le leader indépendantiste Alfred Marie-Jeanne.