Nous vivons une période à la fois étrange, angoissante et stimulante. Un moment particulier où des
Mais l’important n’est pas là. Il n’est pas non plus, ici, dans le débat véhément pour savoir si un président de la République, garant des institutions, doit respecter ou non l’article premier de la Constitution de la République… Ce dont j’aimerais parler ici c’est ce que la Gauche entend (doit entendre ?) par laïcité, pour que celle-ci ne soit pas un mot creux et parce qu’un certain nombre de nos opposants veulent faire croire que c’est par frilosité que nous n’osons pas poser la question de la laïcité. En somme j’aimerais essayer de montrer que poser la question de la laïcité, de la manière dont elle est posée par les temps qui courent, ce n’est pas « briser un tabou » ni « ouvrir un débat », encore moins « être moderne et/ou pragmatique » mais bien poser une question politique assez vieille, que l’on croyait réglée et qui visiblement ne l’est pas.
Mais n’aurions-nous pas ici raison de faire autrement ? La France n’est pas organisée en
communautés, elle n’est pas un melting pot ; la France ne connaît que des Français, ni catholiques, ni juifs, ni noirs, ni blancs, ni homosexuels, ni travestis... Et ce
parce qu’elle fait un pari ambitieux et désespérément simple : le pari laïc que les Français peuvent être juifs, homosexuels, protestants ou maghrébins (ou même tout à la fois) et
être…français ! Et surtout que toutes ces différences, réelles ou fantasmées, revendiquées ou discrètes, n’empêchent pas les citoyens de vivre ensemble en France.
Et la Loi de Séparation dans tout ça ?...
Doit-on rappeler qu’aux Etats-Unis, dont les premiers citoyens fuyaient les persécutions religieuses, on a séparé les Eglises et l’Etat pour protéger les Eglises et la liberté de conscience des citoyens ? En terre de France, fille aînée de l’Eglise, terre de papauté et amie du Saint Siège, la Séparation a eu comme butpremier celui de protéger l’Etat, certes. Mais aussi la foi de tous ceux qui n’étaient tout simplement pas catholiques et le choix de tous ceux qui n’avaient tout simplement pas la foi. La laïcité n’est ni un refus de la religion, ni même une adversaire de la religion. Elle est une certaine cécité du Léviathan qui rend les citoyens plus libres et une certaine cécité des citoyens qui est le premier pas vers la tolérance.C’est la seule laïcité que je connaisse en tout cas, elle paraît peut-être négative à certains. Du temps de mon grand-père elle s’appelait tout simplement laïcité et sa soi-disant soeur positive, s’appelait tout simplement cléricalisme…
Par ce genre de vociférations, les deux sous ministres ont à nouveau démontré leurs rôles d’aimables plantes vertes dans ce gouvernement fantôme écrasé par les conseillers élyséens. En effet, les événements de février dernier au Tchad viennent à point pour nous rappeler un autre reniement de Nicolas Sarkozy, qui avait promis pendant la campagne l’avènement d’une « diplomatie des droits de l’homme ».
Julien Dray, porte-parole du PS, a qualifié mardi de "monstruosité juridique" l'éventualité d'une révision constitutionnelle pour rendre possible la rétroactivité de la loi sur la rétention de sûreté, promulguée mardi au Journal Officiel.
Si on suit madame Morano, ça veut dire que la France est le premier pays où la loi serait désormais rétroactive. C'est une monstruosité juridique", a-t-il déclaré au micro de France-Info.
"Ça ne répond en rien au problème qui est posé: nous avons des délinquants sexuels, évidemment (...) la question de la gestion de leur sortie est un problème réel. On peut le faire autrement, il y a des suivis psychiatriques, des suivis médicaux... Là, on est dans le n'importe quoi".
"Je vais saisir (le président de l'Assemblée nationale) Bernard Accoyer pour que nous puissions créer une commission parlementaire, pour qu'on puisse imaginer dans quels cas d'exception la loi pourrait être rétroactive", avait affirmé sur la même radio Nadine Morano, députée UMP de Meurthe-et-Moselle.
"Une vie, c'est quand même essentiel, par rapport à une loi qui devrait et mériterait de s'appliquer pour ceux qui sont dangereux et qui risquent de sortir en état de dangerosité. Ça veut dire que ça pourrait engendrer une révision constitutionnelle, et pourquoi pas ?", a assuré celle qui est aussi porte-parole de l'UMP.
Source : AP
|
|||||
|
|||||
Le Parti socialiste a reproché à Nicolas Sarkozy d'exprimer ses convictions personnelles sur les religions et la laïcité alors qu'il devrait à son poste de chef de l'Etat "séparer espace privé et espace public".
Au lendemain du discours présidentiel devant le Crif, Jean-Luc Mélenchon a vu dans ses propos sur la place des religions une manoeuvre électoraliste.
"Le président n'a pas à se transformer comme il le fait en une espèce de prédicateur. En réalité, ce sont des provocations auxquelles il se livre, j'ai l'impression qu'il cherche une diversion par rapport au désastre annoncé" des élections municipales, a déclaré le sénateur socialiste sur LCI.
Pour François Hollande, Nicolas Sarkozy "a le droit en tant que croyant, puisqu'il se présente comme tel, d'exprimer ses positions mais il est le président de la République (...) qui doit défendre une position beaucoup plus large que la sienne".
"La laïcité, ce n'est pas la négation de la liberté, de conscience. C'est au contraire la reconnaissance de cette liberté et (...) on doit séparer l'espace privé, sa propre conscience, et l'espace public, c'est-à-dire la capacité que nous avons à vivre ensemble dans les lieux de la République", a ajouté le premier secrétaire du PS sur France Info.
Pour Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, Nicolas Sarkozy a donné mercredi soir une "curieuse version de l'origine des drames du XXe siècle" en laissant penser que nazisme et communisme étaient le résultat "non pas d'un excès de l'idée de Dieu mais de sa redoutable absence".
C'est une "lecture erronée de l'Histoire", dit le député européen dans un communiqué dans lequel il cite la chute des empires, la montée des nationalismes "souvent soutenus par les Eglises", la crise économique des années trente ou le totalitarisme des empereurs russes comme facteurs ayant favorisé le développement des deux idéologies.
"L'idée de Nicolas Sarkozy est malheureusement assez simple et se résume à dire que seules les religions peuvent porter l'espérance et que l'idéal laïque tendrait à s'épuiser. Pour les socialistes au contraire, la morale laïque est le respect de la liberté de conscience (...) C'est le coeur du pacte républicain".
Laure Bretton / AFP
