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Samedi 5 avril 2008

Nous vivons une période à la fois étrange, angoissante et stimulante. Un moment particulier où des

valeurs qui furent au cœur du combat de la Gauche et que l’on croyait devenues des acquis, presque des terres pacifiées sous le règne du compromis œcuménique du consensualisme, sont à nouveau questionnées, secouées voire récusées par le parti au pouvoir qui après cinq années d’attentisme est atteint d’un accès de fièvre. Et souvent, prétendant briser les tabous, il se laisse tout simplement aller à ses pires instincts, que l’on croyait à jamais refoulés, voire évacués par la psychanalyse de la pratique républicaine…comme quoi les vieux démons sont toujours quelque part !


Mais l’important n’est pas là. Il n’est pas non plus, ici, dans le débat véhément pour savoir si un président de la République, garant des institutions, doit respecter ou non l’article premier de la Constitution de la République… Ce dont j’aimerais parler ici c’est ce que la Gauche entend (doit entendre ?) par laïcité, pour que celle-ci ne soit pas un mot creux et parce qu’un certain nombre de nos opposants veulent faire croire que c’est par frilosité que nous n’osons pas poser la question de la laïcité. En somme j’aimerais essayer de montrer que poser la question de la laïcité, de la manière dont elle est posée par les temps qui courent, ce n’est pas « briser un tabou » ni « ouvrir un débat », encore moins « être moderne et/ou pragmatique » mais bien poser une question politique assez vieille, que l’on croyait réglée et qui visiblement ne l’est pas.

 

Loin de moi l’idée de dire que la laïcité est une idée périmée, au contraire, elle est toujours plus d’actualité dans le monde moderne. Néanmoins il me semble que la manière dont nos gouvernants ont posé la question et tentent de mener le débat sent, elle, quelque peu le renfermé. La laïcité c’est une manière de vivre ensemble. Cela doit largement dépasser la question religieuse, même si celle-ci en est le premier acte en quelque sorte. La laïcité est une manière non pas de nier les différences et les spécificités de chacun mais de refuser qu’elles soient des barrières à l’intérieur de l’espace social. La laïcité c’est un pari d’intégration ambitieux, qui pose que chacun peut apporter ses bagages en France et « devenir français » c’est-à-dire entrer dans une communauté de droit. Il ne perd rien au passage, il gagne le droit d’être citoyen et le devoir de considérer son voisin comme tel. Ce pari est très français, et je sais bien que nos « spécificités » ne sont pas à la mode chez nos adversaires…

Mais n’aurions-nous pas ici raison de faire autrement ? La France n’est pas organisée en communautés, elle n’est pas un melting pot ; la France ne connaît que des Français, ni catholiques, ni juifs, ni noirs, ni blancs, ni homosexuels, ni travestis... Et ce parce qu’elle fait un pari ambitieux et désespérément simple : le pari laïc que les Français peuvent être juifs, homosexuels, protestants ou maghrébins (ou même tout à la fois) et être…français ! Et surtout que toutes ces différences, réelles ou fantasmées, revendiquées ou discrètes, n’empêchent pas les citoyens de vivre ensemble en France.
 

Et la Loi de Séparation dans tout ça ?...


On dira que je néglige la question religieuse, que je contourne mon sujet et que je noie le poisson. Je ne le
crois pas. Je crois qu’au contraire le cœur du sujet est là et que c’est bien pour ça qu’une partie de la Droite nous explique qu’il y a deux laïcités : la leur, la « laïcité positive » ; la notre, négative et sectaire. Ce discours veut cacher que s’en prendre à la laïcité c’est s’en prendre à un des fondements même du contrat républicain. Parce que s’en prendre à la laïcité c’est renoncer, petit à petit, à l’idée que la République refuse de voir les différences religieuses (et partant toutes autres différences identitaire) comme déterminantes, comme des catégories de droit. C’est s’en prendre à une idée qui n’est pas du sectarisme, ni une négation de la foi, ni un manque de respect. Au contraire, la laïcité permet à tous de croire, en leur âme et conscience, sans se soucier des conséquences de telle ou telle croyance ou appartenance sur leur place dans la société, puisque la seule communauté qui compte pour la République est celle des citoyens.

Doit-on rappeler qu’aux Etats-Unis, dont les premiers citoyens fuyaient les persécutions religieuses, on a séparé les Eglises et l’Etat pour protéger les Eglises et la liberté de conscience des citoyens ? En terre de France, fille aînée de l’Eglise, terre de papauté et amie du Saint Siège, la Séparation a eu comme butpremier celui de protéger l’Etat, certes. Mais aussi la foi de tous ceux qui n’étaient tout simplement pas catholiques et le choix de tous ceux qui n’avaient tout simplement pas la foi. La laïcité n’est ni un refus de la religion, ni même une adversaire de la religion. Elle est une certaine cécité du Léviathan qui rend les citoyens plus libres et une certaine cécité des citoyens qui est le premier pas vers la tolérance.C’est la seule laïcité que je connaisse en tout cas, elle paraît peut-être négative à certains. Du temps de mon grand-père elle s’appelait tout simplement laïcité et sa soi-disant soeur positive, s’appelait tout simplement cléricalisme…


section Sciences PO PARIS
Mardi 26 février 2008

 

Dans un article retentissant paru dans Le Monde en janvier dernier, le ministre d’ouverture JeanSarkozy-Bongo.JPG Marie Bockel s’engageait à « signer l’arrêt de mort de la Françafrique », ce système de relations néo-coloniales qui caractérise la politique africaine de la France depuis De Gaulle. Il relayait ainsi les propos tenus lors de l’affaire de l’Arche de Zoé par la Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade : « l’Afrique de papa, c'est fini ».


Par ce genre de vociférations, les deux sous ministres ont à nouveau démontré leurs rôles d’aimables plantes vertes dans ce gouvernement fantôme écrasé par les conseillers élyséens. En effet, les événements de février dernier au Tchad viennent à point pour nous rappeler un autre reniement de Nicolas Sarkozy, qui avait promis pendant la campagne l’avènement d’une « diplomatie des droits de l’homme ».


Le 3 février 2008, alors qu’une colonne de rebelles s’apprêtait à arracher la capitale N’Djamena au président Idriss Déby Itno, tout laisse à croire que des forces françaises du 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine, spécialement dépêchées sur place, ont pris part aux combats qui ont tué des dizaines de civils tchadiens. 
 
 
Comment expliquer ce soutien sans failles à l’un des pires dictateurs de la planète, si ce n’est par les appréciables ressources pétrolières qu’il contrôle ?

En dépit de ses idéaux passés, Bernard Kouchner vous répondra en qualifiant le régime du président Déby, issu d’un coup d’Etat sanglant en 1990, de « légitime ». Message reçu à Khartoum et Rangoon, avis aux amateurs de coups d’états dans toute l’Afrique. Même si cette affirmation a pu faire une fois de plus le bonheur des chapeliers français, c'est plutôt un profond désarroi qui règne dans les capitales européennes contributrices à l’EUFOR.
 
Morin-Deby.JPGCette mission de l’Union Européenne, composée de 3700 militaires dont 2100 français, devait se déployer ce mois-ci à l’est du Tchad (désormais sous contrôle des rebelles tchadiens), afin de sécuriser les camps de réfugiés originaires du Darfour. En étalant son parti pris pour le pouvoir tchadien, la diplomatie française saborde avant même son déploiement le plus grand effort jamais réalisé par la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) et compromet l’équilibre de la région. Non content d’isoler un peu plus la France en Europe, Sarkozy lui a aussi fait perdre la face devant l’ensemble de la communauté internationale en demandant à un autre dictateur, le colonel Kadhafi, d’utiliser les bases libyennes pour ravitailler les avions militaires engagés au Tchad.
 
 
Outre ce double constat d’échec pour notre politique étrangère, les accents méprisants du discours de Dakar, les acoquinements avec Kadhafi et désormais le soutien armé aux dictateurs africains ne font que confirmer ce qui est devenu une évidence : le fameux « co-développement » passe par les fusils et la vision sarkozyste de l’Afrique s’arrête en 1960.
 
 
 
L’Afrique de papa, c'est fini, bienvenue dans l’Afrique de grand papa.
 
                                                                                          Nicolas Brien - Section PS Sciences Po
Mardi 26 février 2008

Julien Dray, porte-parole du PS, a qualifié mardi de "monstruosité juridique" l'éventualité d'une révision constitutionnelle pour rendre possible la rétroactivité de la loi sur la rétention de sûreté, promulguée mardi au Journal Officiel.

Si on suit madame Morano, ça veut dire que la France est le premier pays où la loi serait désormais rétroactive. C'est une monstruosité juridique", a-t-il déclaré au micro de France-Info.

"Ça ne répond en rien au problème qui est posé: nous avons des délinquants sexuels, évidemment (...) la question de la gestion de leur sortie est un problème réel. On peut le faire autrement, il y a des suivis psychiatriques, des suivis médicaux... Là, on est dans le n'importe quoi".

"Je vais saisir (le président de l'Assemblée nationale) Bernard Accoyer pour que nous puissions créer une commission parlementaire, pour qu'on puisse imaginer dans quels cas d'exception la loi pourrait être rétroactive", avait affirmé sur la même radio Nadine Morano, députée UMP de Meurthe-et-Moselle.

"Une vie, c'est quand même essentiel, par rapport à une loi qui devrait et mériterait de s'appliquer pour ceux qui sont dangereux et qui risquent de sortir en état de dangerosité. Ça veut dire que ça pourrait engendrer une révision constitutionnelle, et pourquoi pas ?", a assuré celle qui est aussi porte-parole de l'UMP.

Source : AP

 
 
Dimanche 17 février 2008
 
 

 

  Lettre d'information
SPÉCIALE MUNICIPALES

Chaque samedi, jusqu'au deuxième tour des élections municipales le 16 mars prochain, la rédaction de L'hebdo des socialistes vous propose 5 reportages vidéos réalisés en suivant 5 candidats socialistes en campagne.

CETTE SEMAINE :
EN CAMPAGNE AVEC... MICHÈLE BLUMENTHAL
(PARIS-12e arrondissement)

 

Retrouvez également l'actualité socialiste des élections municipales sur le blog Municipales 2008 : http://municipales2008.parti-socialiste.fr
- "En campagne avec..." reportages avec des candidats en campagne (texte)
- "En campagne avec..." reportages avec des candidats en campagne (vidéo)
- Villes de gauche, villes exemplaires
- Télécharger le manifeste municipal
- Les sites et blogs des candidats

Jeudi 14 février 2008

Le Parti socialiste a reproché à Nicolas Sarkozy d'exprimer ses convictions personnelles sur les religions et la laïcité alors qu'il devrait à son poste de chef de l'Etat "séparer espace privé et espace public".

Au lendemain du discours présidentiel devant le Crif, Jean-Luc Mélenchon a vu dans ses propos sur la place des religions une manoeuvre électoraliste.

"Le président n'a pas à se transformer comme il le fait en une espèce de prédicateur. En réalité, ce sont des provocations auxquelles il se livre, j'ai l'impression qu'il cherche une diversion par rapport au désastre annoncé" des élections municipales, a déclaré le sénateur socialiste sur LCI.

Pour François Hollande, Nicolas Sarkozy "a le droit en tant que croyant, puisqu'il se présente comme tel, d'exprimer ses positions mais il est le président de la République (...) qui doit défendre une position beaucoup plus large que la sienne".

"La laïcité, ce n'est pas la négation de la liberté, de conscience. C'est au contraire la reconnaissance de cette liberté et (...) on doit séparer l'espace privé, sa propre conscience, et l'espace public, c'est-à-dire la capacité que nous avons à vivre ensemble dans les lieux de la République", a ajouté le premier secrétaire du PS sur France Info.

Pour Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, Nicolas Sarkozy a donné mercredi soir une "curieuse version de l'origine des drames du XXe siècle" en laissant penser que nazisme et communisme étaient le résultat "non pas d'un excès de l'idée de Dieu mais de sa redoutable absence".

C'est une "lecture erronée de l'Histoire", dit le député européen dans un communiqué dans lequel il cite la chute des empires, la montée des nationalismes "souvent soutenus par les Eglises", la crise économique des années trente ou le totalitarisme des empereurs russes comme facteurs ayant favorisé le développement des deux idéologies.

"L'idée de Nicolas Sarkozy est malheureusement assez simple et se résume à dire que seules les religions peuvent porter l'espérance et que l'idéal laïque tendrait à s'épuiser. Pour les socialistes au contraire, la morale laïque est le respect de la liberté de conscience (...) C'est le coeur du pacte républicain".

Laure Bretton / AFP


 

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