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Le pack militant

Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /2007 18:49

Une semaine de déplacements à travers la France -  permet de sentir le pouls du pays, les attentes des milieux populaires à l'égard de Ségolène, l'adhésion de plus en plus franche du monde enseignant, un moment troublé, les interrogations des ingénieurs, inquiets de voir contestée leur expertise, l'élan des femmes et des jeunes dans lesquels notre candidate trouve ses meilleurs soutiens. A chaque fois, il faut argumenter sur la politique énergétique, sur le redressement de l'Europe, sur le dépassement du clivage entre le oui et le non au projet de Constitution européenne.

Au fur et à mesure que monte l'étoile de Ségolène Royal, on sent que les choix se resserrent : Sarkozy s'identifie de plus en plus à un choix de régression sociale. Bayrou ne tente pas. Certains comparent sa situation à la mienne, en 2002. Il n'y a qu'une différence : j'avais un programme, et plutôt acéré ! Bayrou n'a pas de programme : c'est son avantage mais c'est aussi son handicap. Finalement, le sigle de désirs d'avenir a été bien choisi : la France a-t-elle encore un « désir d'avenir » ? Ou préfèrera-t-elle se tourner vers une variété de néoconservatisme dont l'heure de gloire est passée, dans le monde anglo-saxon lui-même ? Le choix est simple.

Jean-Pierre Chevènement

Par fede ps - Publié dans : Le pack militant
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Mercredi 11 avril 2007 3 11 /04 /2007 20:30
Depuis quelques jours, un texte intitulé "L'heure est grave" inonde les boîtes mail et circule de blog en blog : une enquête approfondie du Cevipof pronostiquerait un deuxième tour mettant face à face Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy. Selon le texte du mail, "il ne s'agit plus de sondages, d'informations des médias mais d'informations extrêmement fiables fournies par le Cevipof qui, depuis plus de vingt ans, a toujours donné les résultats des élections avant le vote sans jamais se tromper". Toujours selon ce texte, au premier tour, Jean-Marie Le Pen recueillerait 20 % des voix et Nicolas Sarkozy 19 %.

Averti, le Cevipof s'est empressé, mercredi 11 avril, de démentir : "La rumeur persistante qui prête au Cevipof la réalisation d'une enquête selon laquelle J.-M. Le Pen aurait 20 % d'intentions de vote, N. Sarkozy 19 %, S. Royal 18 %, F. Bayrou 11 % n' a aucun fondement."

Le texte du mail fait référence au baromètre politique du Cevipof, et donne parfois le lien vers le document ... qu'il suffit d'ouvrir pour constater que les résultats sont différents. "La dernière enquête du Cevipof a été réalisée du 5 au 19 février 2007 et les intentions de vote recensées dans la perspective du premier tour de l'élection présidentielle étaient alors les suivantes : 31 % pour N. Sarkozy, 25 % pour S. Royal, 15 % pour F. Bayrou, 12 % pour J.-M. Le Pen", précise le centre de recherches.

Mais la rumeur continue de circuler sur le Net et semble nourrir l'argumentaire des partisans du "vote utile" à gauche au premier tour : "Il faut éviter à tout prix un 21 avril bis", s'inquiète un blog de soutien à Ségolène Royal. Les forums soutien des autres candidats à gauche s'empressent de démentir, eux aussi, la rumeur.

 

 

 

Nabil Wakim pour le Monde
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Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /2007 10:31

MES QUATRE VERITES

Extraits de l'Intervention d'Olivier FALORNI, Premier secrétaire fédéral de
la Charente-Maritime,
Meeting du 2 avril 2007 à La Rochelle


Mesdames et Messieurs, Cher(e)s Ami(e)s, Cher(e)s Camarades,

(.)
Cette campagne présidentielle entre aujourd'hui dans ce que l'on appelle sa phase de vérité.

Ce moment où la vérité d'un homme ou d'une femme, en l'occurrence celle de Ségolène ROYAL, rencontre le destin d'un peuple, celui du peuple français. Je veux donc profiter de ces quelques minutes d'intervention pour vous dire simplement, à quelques jours du 1er tour, ce que je considère être ma part de vérité dans ce que je vois et ce que j'entends tout au long de cette
campagne. En somme, je vais essayer de vous dire mes 4 vérités sur cette France que nous devons changer, sur cette France que nous voulons faire gagner.

Et la première de ces vérités, je vous le dis avec une certaine gravité, c'est que le spectre du 21 avril ne s'est pas évanoui, bien au contraire. En effet, la désespérance que sème au vent, chaque jour, le pouvoir en place ne peut que faire prospérer encore un peu plus les idées nauséabondes de l'extrême droite. Le Pen est un adversaire qui sait se faire oublier, à chaque scrutin, pour mieux surprendre.

Un adversaire qui a pris, avec l'âge, une apparence plus débonnaire, presque banale, pour cacher une identité qui ne change pas, qui reste toujours la stigmatisation de l'étranger et la diabolisation de l'immigration. Et comme la droite lui sert d'agent d'ambiance, cette extrême droite n'a pas besoin
de faire campagne outre mesure pour trouver, hélas, ses électeurs.

Aujourd'hui, Le Pen a réussi à devenir un candidat comme un autre et c'est pour cela qu'il est dangereux comme jamais. A nous de prévenir la tentation de beaucoup de ceux qui n'ont rien et qui, se désespérant de tout,choisissent (et c'est tout de même un comble !) le milliardaire de Saint
Cloud pour lancer un appel au secours.

A nous de leur répondre, à nous de leur montrer l'impasse et le danger de ce choix sans issue. Car je vous le dis, je suis d'une génération qui ne veut pas revivre à nouveau, un 22 avril qui défile, de Concorde jusqu'à la Bastille, de Nation jusqu'à République, pour sauvegarder nos libertés publiques et pour protéger nos valeurs démocratiques. Alors, oui, mes amis, faisons en sorte, cette fois, qu'en
Avril la République ne tienne pas qu'à un fil. Et j'ajouterai, pour qu'en mai, ce soit Ségolène qui accède à l'Elysée !

La deuxième vérité, j'allais dire d'évidence si on ne tentait pas de la masquer sans arrêt, c'est que la France ne va pas mieux depuis 5 ans, bien au contraire.

Nicolas SARKOZY, qui est le candidat du pouvoir sortant, tente de masquer ce bilan, qui est le sien, ce bilan qui est son fardeau et qui, finalement, est aussi son projet. Car son projet, c'est la continuité en pire. Mais Monsieur SARKOZY n'assume pas son passé, il n'assume pas ses résultats,
il n'assume pas son échec. Alors il a inventé une nouvelle méthode pour sa campagne électorale : celle qui combine le bidonnage sur les chiffres avec le badinage sur les promesses.

Ainsi, par exemple, on nous annonce, ce mois-ci, des statistiques du chômage tellement mirobolantes qu'elles sont aussitôt démenties par un organisme européen, lui totalement indépendant.

D'ailleurs, récemment l'INSEE s'est déclaré, pour la première fois, incapable de valider, avant les élections, les chiffres annuels du chômage car ils semblent bien éloignés de la propagande officielle.  Étonnant non ?

Quant aux chiffres de la délinquance, comment croire au triomphalisme de l'ancien ministre de l'Intérieur quand on sait que l'Observatoire national de la délinquance reconnaît une hausse de 14% des violences physiques faites aux personnes entre 2002 et 2006.

Alors, pour faire oublier tout cela, Monsieur Sarkozy promet sans compter. Le Président de l'UMP, aujourd'hui, c'est Sarkopperfield, le magicien des chiffres.

Un jour, il promet une baisse des prélèvements obligatoires sur 5 ans ; le lendemain, elle est étalée sur 10 ans, et aujourd'hui elle est désormais annoncée pour dans 20 ans !

En fait, mes amis, je vous le dis, Monsieur Sarkozy n'est pas un magicien, c'est un illusionniste ! Mais quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, c'est le candidat du pouvoir sortant à qui nous allons bientôt indiquer la sortie.

La troisième de ces vérités, c'est que la droite n'a pas changé, bien au contraire.

La droite reste plus que jamais convaincue que l'État  est un fardeau, que l'impôt est un frein, que le droit du travail est un archaïsme, en fait la droite nous propose un modèle de société qui attise les conflits, qui fait la part belle aux puissants  et qui érige la loi du plus fort en règle de vie.

Dans ses meetings, Nicolas Sarkozy promet toujours que chacun en aura pour son argent, mais tout le monde sait bien qu'il ne s'adresse pas à ceux qui se lèvent tôt mais plutôt à ceux qui s'enrichissent en dormant.

Dure avec les faibles, faible avec les puissants : non, décidément, la droite n'a pas changé !

Mais Nicolas Sarkozy y rajoute l'insulte en prétendant être le candidat des « honnêtes gens ». Comprenez : la gauche, et en particulier Ségolène, défend les malhonnêtes.

Il y a quelques jours, en quittant la place Beauvau, et pensant très fort à l'Élysée comme d'habitude, le candidat de l'UMP a déclaré qu'il ne s'agissait, pour lui, que de « changer de trottoir ».

Alors je vous le dis, vouloir changer de trottoir ne l'autorise pas à mener une campagne au ras du caniveau. Mais que voulez-vous, décidément la droite ne change pas.

Elle change si peu finalement qu'elle a deux visages, comme d'habitude. C'est sa tradition depuis de Gaulle et Lecanuet en 1965 jusqu'à Bayrou (déjàlui !) et Chirac en 2002.

Et plus le temps passe, plus on voit que la posture de François Bayrou confine à l'imposture.

Il est contre tout le monde, mais il veut gouverner avec tout le monde. Il se présente comme un homme neuf alors que son projet est vieux comme le centre, qui finit toujours à droite. Il se présente comme le candidat «anti-parti » alors qu'il rêve d'en créer un de plus.

Bayrou, c'est la droite dans les faits et dans les idées, et la droite, c'est la seule direction où mène son soi-disant « autre chemin ».

En fait, Sarkozy et Bayrou me rappellent deux personnages de la bande dessinée d'Hergé, vous savez ces deux jumeaux qui ne cessent de chercher à se distinguer mais qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau.

Oui, Sarkozy et Bayrou, ce sont les Dupont et Dupond de la droite, mais pour ce qui est de tenir leurs promesses, alors là, ce sera plutôt tintin !

Enfin, la dernière de ces vérités, et qui est sans doute finalement la première, c'est que le changement, le vrai, le seul, l'unique, celui dont la France a besoin, c'est Ségolène Royal qui l'incarne.

Parce que Ségolène, c'est une candidate franche et affranchie, et c'est là toute sa force.

Franche sur ses idées, sur son projet et affranchie des dogmes et des tabous, elle propose aux Françaises et aux Français un pacte d'honneur et de confiance.

Alors, mes amis, aujourd'hui, il nous reste quelques jours pour convaincre
encore et toujours, pour porter ce pacte présidentiel de Ségolène Royal,
quelques jours pour faire enfin de notre pays, avec Ségolène Royal,
Une France qui soit différente,
Une France qui soit référente,
Une France Présidente.

                                                Olivier FALORNI

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Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /2007 16:35

Libération
Par Henri Weber député européen, secrétaire national du Parti socialiste.

Comment se présente le paysage idéologique français ­ le PIF ­ en cette veille d'élection présidentielle ? «La France a basculé à droite, se réjouissent les leaders de l'UMP, la droite domine idéologiquement et politiquement.» Ce diagnostic ­ partiel et partial ­ n'est corroboré ni par les urnes ni par les enquêtes d'opinion. Les socialistes ont gagné spectaculairement les élections régionales (20 régions sur 22) et européennes (30 % des suffrages) en 2004. La droite libérale a perdu, non moins spectaculairement, le référendum du 29 mai 2005. Les enquêtes d'opinion attestent, certes, qu'une majorité de Français aspire au respect de la loi et au rétablissement de l'autorité de l'Etat. Comment en serait-il autrement au terme des «années Sarkozy», qui ont vu la montée des violences contre les personnes et l'embrasement des banlieues ? Mais cette aspiration ne signifie pas que les Français souhaitent un retour à l'ordre moral répressif d'avant Mai 68, et encore moins à l'exercice autoritaire du pouvoir. 61 % d'entre eux se prononcent contre le rétablissement de la peine de mort, 78 % pensent que «l'homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité» ; 66 % sont favorables au vote des étrangers non européens aux élections locales (1). La demande de règles et d'autorité n'est pas en soi le signe d'un «virage à droite» du corps électoral. Tout dépend de l'ordre espéré, et pour l'immense majorité des électeurs, il s'agit de l'ordre démocratique et républicain.
Les enquêtes d'opinion attestent surtout de l'attachement des Français aux institutions de la «société solidaire». Les valeurs traditionnelles de la gauche : égalité, laïcité, justice sociale, liberté ­ mais liberté intégrée à l'idéal égalitaire ­ sont plébiscitées. Il en va de même des institutions, que la gauche défend pour donner corps à ses valeurs : la retraite par répartition, l'accès égal et gratuit aux soins, l'école «laïque, gratuite et obligatoire», la Sécurité sociale, les services publics, l'Etat social actif garant de la croissance et de la redistribution équitable de ses fruits... Près des deux tiers des Français se déclarent hostiles à la diminution de l'allocation chômage, à la suppression de l'ISF, au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, à la mise en place d'une franchise non remboursable pour les dépenses de Sécurité sociale... Ils ont soutenu, dans la même proportion, les grèves et les mouvements sociaux qui ont rythmé le quinquennat de Jacques Chirac : mobilisations contre la réforme Fillon sur les retraites (mai-juin 2003), contre la réforme de l'assurance maladie (juin 2004), contre le contrat première embauche (CPE, printemps 2006). Les Français sont, certes, massivement favorables à la liberté d'entreprendre et à l'économie de marché (2). 69 % souhaitent que l'Etat accorde plus de libertés aux entreprises. Là est la limite de l'influence de l'extrême gauche anticapitaliste. Mais ils sont hostiles au libéralisme économique, qui veut réduire l'intervention de l'Etat dans la vie économique et sociale. Ils restent attachés à «l'économie mixte», chère à François Mitterrand : une économie de marche régulée, corrigée, stimulée par l'intervention de la puissance publique et la négociation entre partenaires sociaux. S'ils admettent la nécessité de réformer l'Etat-providence, ils refusent tout ce qui pourrait l'affaiblir.
L'attachement à l'Etat républicain et à la société solidaire structure l'idéologie dominante en France, en ce début du XXIe siècle. La droite libérale et autoritaire le sait bien, qui avance masquée : Sarkozy cite Blum et Jaurès, stigmatise les patrons voyous, chante l'Europe sociale. Bayrou espère Dominique Strauss-Kahn à Matignon. Même Le Pen croit habile de commencer sa campagne à Valmy. Tous s'approprient les propositions jugées électoralement rentables de la gauche ­ la Sécurité sociale du travail, par exemple ­ pour brouiller ou nier les clivages. Certes, la xénophobie, le racisme, l'antisémitisme, le national-populisme ont progressé aussi. En présentant l'immigration comme une menace contre notre identité nationale et notre sécurité publique, Nicolas Sarkozy fait le jeu de Le Pen. «Les électeurs préféreront toujours l'original à la copie», radote, non sans raison, le chef du FN. A la poussée à gauche en faveur d'une république solidaire s'oppose une poussée à droite en faveur de la «préférence nationale», du retour de «l'ordre moral», du démantèlement du «modèle social français». Mais ce second mouvement reste minoritaire : le fond de l'air est rose. Reste à traduire cette hégémonie idéologique de la gauche réformiste dans les urnes. Ségolène Royal sera au second tour. Plus son score sera élevé le 22 avril, plus ses chances de l'emporter le 6 mai seront fortes.
(1) Enquête Ifop pour le Cevipof (Centre d'étude de la vie politique française) et le ministère de l'Intérieur, février 2007.
(2) Enquête TNS Sofres pour le Nouvel Observateur et la Fondation Jean-Jaurès, mars 2007.

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Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /2007 16:39

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Chat sur le site Désir d’avenirs entre les internautes et Philippe Guglielmi, ancien "Grand Maître" du Grand Orient de France. Extrait :

Question posée par Cyrus :

Sarkozy n’est-il pas en danger pour la laïcité, compte tenu de ses intentionsde modifier la loi de 1905 sur la Séparation entre l’Eglise et l’Etat ?

Philippe Guglielmi : Sarkozy est effectivement un danger pour la laïcité et l’équilibre républicain qui résulte de la loi de 1905. sa volonté affirmait de vouloir modifier la loi de 1905 a entrainé une levée de bouclier de la plupart des associations laiques. C’est bien normal car cette loi a montré sa réussite depuis 100 ans. La volonté de Sarkozy de modifier cette loi est un gage donné au communautarisme et aux ennemis de la liberté de pensée.

Question posée par Eole :

Seriez-vous favorable à un enseignement facultatif spécifique aux religions monothéistes, voire à une histoire des religions à partir de l’année du Brevet des collèges ?

Philippe Guglielmi : je suis personnellement opposé à l’enseignement des religions dans le cadre de l’école primaire et secondaire parce que c’est la légitimation de religions par rapport à d’autres. Nul ne pourra garantir une complète impartialité. Ce serait la porte ouverte à un enseignement complémentaire qui pourrait être manipulé par des extrémismes.

Question posée par France974 :

Est-ce que Ségolène Royale compte -elle mettre des lois sur la laïcité, si oui lesquelles ?

Philippe Guglielmi : Ségolène Royal a cité plusieurs fois le mot laïcité dans ses discours. Elle ne s’est pas laissée entrainer vers les concepts de laïcité nouvelle ou réformée ce qui veut dire qu’elle respectera le cadre laïc actuel résultant de la loi de 1905. et que toute législation serait mal venue sachant que des décrets d’application peuvent toujours être pris mais cela avec une grande précaution car les exemples que nous connaissons depuis l’après guerre ne sont pas toujours édifiants.

Question posée par Alienor :

Les Franc-maçon participent-ils toujours à l’amélioration de la société ?

Philippe Guglielmi : A ma connaissance les francs maçons, du moins je l’espère, continuent à œuvrer pour l’établissement d’un monde meilleur. Leur vision n’est pas sectorielle, elle est planétaire, mais pour plus de détail veuillez aux obédiences maçonniques françaises, Ils ont beaucoup œuvré à charpenter la République.

Question posée par Aziz :

Que veut dire la Marseillaise pour vous ?

Philippe Guglielmi : La Marseillaise est un chant emblématique qui avec le drapeau tricolore et la devise républicaine constituent les piliers de la République :

certes il ya dans les paroles de l’hymne national des phrases et des mots qui peuvent choquer aujourd’hui, tel le sang impur. Mais il faut replacer tout cela dans le contexte révolutionnaire de 1789. Mais dans ce chant il y aussi une vision magnifiée de la République et de ses citoyens. cela rétablit l’équilibre.

Question posée par Thomas :

J’ai dû changer de prénom pour trouver un emploi. Est-ce normal ?

Philippe Guglielmi : il est parfaitement anormal que vous ayez obligé de changer de nom pour trouver un emploi car notre République ne doit reconnaître que des citoyens égaux entre eux ; les conception philosophiques progressistes refusent toute référence qui pourraient être faites à une race, à une religion, et à la forme d’un nom qui pourrait rappeler ceci ou cela. le concept de race ne veut absolument rien dire. seul le genre humain existe. Ceux qui essaient de fragmenter le genre humain pratique un eugénisme qui nous ramène aux heures les plus sombres de notre histoire.

Question posée par Eureka :

Qu’est ce que la laïcité ?

Philippe Guglielmi : La laïcité est un concept qui inclut la sphère privée et la sphère publique ; La laïcité permet à ces deux sphères de pivotées autour de l’axe républicain, sans jamais s’interpénétrer. La laïcité reconnaît le domaine privé, elle le défend mais elle garantit également le nom empiétement sur l’espace public. Le plus beau modèle concret de cette mise en musique est la loi de 1905. La laïcité est un mot qui s’emploie tout seul sans adjectif sans préfixe ni suffixe.

Question posée par Pierre-Henri :

Que pensez-vous de Bayrou au moment de la loi Falloux ?

Philippe Guglielmi : Et bien il faut se souvenir qu’il y a plus d’une décennie en voulant réviser la loi Falloux comme aujourd’hui Sarkozy veut réviser la loi de 1905, Bayrou a réussi à mettre plus de 1 million de laïcs et de républicains dans la rue. Il a été "retoqué" à cette époque là car même si la loi Falloux était une loi de compromis, elle apportait un complément efficace à la loi de 1905.

Question posée par Cyrus :

L’islam peut-il véritablement s’intégrer dans la République Française qui est laïque ?

Philippe Guglielmi : L’islam est une religion et donc à ce titre, elle ressort de la sphère privée. L’islam peut donc s’intégrer dans la République, s’il respecte la loi de 1905.

Question posée par Tosca :

Peut-on compter sur Mme Royal pour défendre la laïcité vraie - donc sans aucune concession, en particulier pas d’aide à l’enseignement privé. Enfin s’engagera-t-elle à refuser toute référence à la religion judéo-chrétienne dans la constitution européenne.

Philippe Guglielmi : Ségolène Royal, pour les échanges que j’ai eus avec elle, défendra parfaitement la conception de la laïcité telle que je l’ai exposée. Si il y avait de nouvelles discussions dans le cadre de l’établissement d’un Traité constitutionnel européen, la réponse a été donnée par référendum, Ségolène Royal est légitimistes et elle tiendra compte des laïcs qui se sont exprimés alors.

Question posée par Clemhapbirt :

Faut-il croire en Dieu ?

Philippe Guglielmi : Croire en Dieu, ou ne pas y croire ressort de l’appréciation de chacun. Au plan philosophique, je dirais que chaque être est porteur de sa propre solution. Tout cela ressort justement de la sphère privée, et donc on peut rien affirmer. Faut il croire ou ne pas croire, tel est la question ; on peut croire ou ne pas croire, mais tout cela ne doit devenir un dogme. il faut adopter une posture a dogmatique qui fasse que l’on impose rien à autrui, car le domaine de la croyance ressort de l’individualité.

Question posée par France974 :

Il y’a quelque temps on fêtaient la francophonie dans les 2tats francophones : ne serait-il pas intéressant de valoriser la langue française dans ces pays-là ? Par exemple de faire construire encore plus d’écoles françaises ?Ou de faire des échanges scolaires comme entre les pays membres de l’Union Européenne ?

Philippe Guglielmi : La Francophonie est un domaine qu’il faut développer. Nous avons trop souvent délaissé que ce soit en Afrique, ou ailleurs de part le monde, des gens qui s’expriment en français et qui ont une vision positive de la France. Nous nous sommes ainsi privés de tout ce qu’ils pouvaient nous apporter car ne l’oublions pas, selon le mot du philosophe Steiner, nous avons tous vocation à la mixité ; et puis Aimé Césaire n’a t il pas écrit "il ne faut jamais opposer le particulier à l’universel, la langue est un vecteur planétaire".

Question posée par Hervé :

Comment se passe la campagne sur le terrain dans le 93 ? Je crois savoir que plein de jeunes et de moins jeunes se sont massivement inscrits sur les listes électorales dans ce département. Comment nous assurons-nous qu’ils iront bien voter, et surtout qu’ils voteront pour notre candidate ? Merci de votre réponse.

Philippe Guglielmi : Il y a effectivement une vraie lame de fond de la jeunesse dans le 93. Les jeunes se sont inscrits en masse, c’est vérifiable et ils montrent un véritable engouement pour Ségolène. L’élément palpable est le grand nombre de procurations qui sont parvenues en particulier à ma section socialiste. Aux précédentes élections, nous ne dépassions jamais deux ou trois procurations données par des gens que nous ne connaissions pas mais qui voulaient voter socialiste. aujourd’hui, nous en sommes à 27, soit dix fois plus.

Question posée par Marito :

Sarkozy a-t-il défendu la laïcité en tant que Ministre de l’Intérieur ?

Philippe Guglielmi : Le problème avec Nicolas Sarkozy est sa vision laïque a géométrie variable. Il faut le répéter et le marteler, Nicolas Sarkozy en voulant réformer la loi de 1905 porte une atteinte grave à la laïcité. Cela a déjà été dit mais réécrire la loi de 1905 est la porte ouverte a la pénétration des intégrismes dans notre société et particulièrement dans le sanctuaire que doit rester l’école laïque. cette réécriture de la loi de 1905 est uniquement voulue pour débouchée sur un financement publique des cultes ce qui est totalement contraire à la loi de 1905. Ségolène Royal a plusieurs fois exprimé qu’elle n’était pas favorable à cette révision.

Question posée par Bernie :

Qu’est ce que la République pour vous ?

Philippe GUGLIELMI : Je retiens cette question pour conclure car elle synthétise l’ensemble du débat. La République est tout d’abord cet espace de liberté qui nous permet de dialoguer librement comme nous le faisons aujourd’hui. Trop souvent nous oublions que sur les 6 milliards d’être humains qui peuplent la planète, seuls 700 millions, vivent sous un régime de liberté républicaine. Pour les autres 5 milliards 300 millions, c’est la précarité de chaque instant, et même quelquefois l’incertitude d’être encore en vie le lendemain. non seulement notre République est belle, ancienne, laïque et progressiste, mais elle doit aussi avoir une vision altruiste et donc planétaire. L’idéal pour un Républicain c’est d’étendre ce qu’est la République à l’ensemble du monde. Gardons à l’esprit qu’en 1789, sur les frontières de la France étaient posées un panneau sur lequel était inscrit "ici commence le pays de la liberté". Cela veut tout dire et ce sera mon mot de conclusion.

Et puisque nous sommes dans le pays de la liberté, faisons tout pour la préserver et usons de cette liberté que nous avons de voter en nous rendant aux urnes dimanche et vous me permettrez de rajouter en votant Ségolène Royal.

Et si je ne vous ai pas trop "rasé", je peux vous dire à bientôt.

Par fede ps - Publié dans : Le pack militant
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