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Le pack militant

Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /2007 10:53

Je ne peux résister au plaisir de vous transmettre la vidéo de nos amis de Montrouge ! Allez-y, jouez sans modération et n'oubliez pas : ON VA GAGNER !

Jouez au Royal Coup de Boule

            Les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy sur le déterminisme génétique vous donnent envie de frapper ?

            Ce que pense Jean-Marie Le Pen sur le fait que Nicolas Sarkozy ne devrait pas se présenter du fait de ses origines étrangères vous donnent envie de lui écraser une poêle à frire sur la tête ?

            Ne cédez pas à cette tentation de violence, épargnez la porcelaine de votre grand-mère : nous ne sommes pas comme eux !

            En revanche, nous  vous avons trouvé un petit jeu pour vous défouler.

            Les règles sont simples, vous êtes Ségolène Royal, vous portez le maillot de l’Equipe de France de football et vous devez coller un maximum de coups de boules à Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen (ça me rappelle quelque chose mais quoi… ?).

            Et n’oubliez pas de nous dire votre score dans les commentaires.

 
Pour jouer au "Royal Coup de Boule" : Cliquez ici
Par fede ps - Publié dans : Le pack militant
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Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /2007 17:56
Dimanche, je voterai pour Ségolène Royal. Elle offre une véritable chance à la France. Son projet est le plus attractif. Elle peut gagner cette élection. Voici mes arguments :

La personnalité de Ségolène Royal

Ségolène Royal est de l’acier dont on fait les chefs d’Etat.
- Son intelligence est grande, vive et non scolaire. Les accusations contraires qu’elle a subies, émanant de l’UMP et d’une presse aux ordres, sont absurdes : il suffit d’ouvrir le Canard Enchaîné pour en lire autant chaque semaine sur chaque candidat. Sa trajectoire dans le marécage de la rue de Solférino, ses victoires politiques, ses actions de ministre en témoignent ;
- Elle a la force d’âme demandée par la fonction. Aucune des attaques, de son camp ou des adversaires, ne l’a ébranlée. Face à un adversaire dont chacun sait qu’il est en permanence au bord de la rupture, et face aux louvoiements de l’habile tacticien / authentique conservateur du pseudo centre, elle continue de défendre l’équilibre inédit qu’elle propose aux Français ;
- Elle écoute beaucoup, mais n’est pas influençable, ce que nombre d’éléphants ont expérimenté à leurs dépens.
- Elle a le courage nécessaire pour ne pas se soumettre à M. Lagardère (Paris Match, JDD, Europe 1) ou M. Bouyghes (TF1, LCI) ou leurs amis ;
- Elle est sincère, infiniment plus que le camelot aux multiples promesses, beaucoup plus que le manoeuvrier et sa fausse révolte. Elle est sincère mais, pas naïve, elle sait se taire ou entrer en elle-même ;
- elle est pacificatrice quand Sarkozy divise et provoque les troubles ;
- elle voit loin, très loin, et préparera la France pour les 20 années à venir.

Une réponse à la crise du 21 avril

Ségolène Royal a pris au sérieux le vote des Français le 21 avril 2002 (et le vote "non" au référendum européen). Elle sait que ce signal voulait dire quelque chose. Quelque chose de la crise de la politique : " Ne nous abandonnez pas, travaillez avec nous, pensez aux vrai problèmes ".

Elle n’a jamais cru à l’alternance systématique. Elle a commencé sa campagne tôt. Elle a contraint le PS à écouter les Français. Elle a organisé une prise de parole des Français comme on n’en avait jamais connu hors périodes de révoltes. elle a pris en compte la parole des Français.

Sa réponse est claire, incarnée dans une promesse traduite en 100 propositions :
- d’abord le respect et la parole donnée au coeur de l’action politique. Politique par la preuve, politique dans la dignité, respect des électeurs et de la parole publique : elle attaque la crise à sa racine morale.
- ensuite le respect de la France et donc le souci du réel : la dette, la croissance, les manques du service public, l’amour de la patrie, la reconnaissance des entrepreneurs, la dignité sans cesse rappelée des plus fragiles sont au coeur de son projet ;
- et surtout une véritable attention aux plus fragiles. Les "petites retraites" (que l’on a glosé sur ces mots !), les ouvriers de 50 ans dont les entreprises se délocalisent, les pays d’Afrique abandonnés par la France entre les mains de disctateurs, d’élites corrompues ou du FMI. Les femmes, les victimes des différentes formes de violence. Elle a compris que la France est viciée par l’abandon de sa jeunesse, qui menace aujourd’hui cette jeunesse et toute la France. Elle a décidé d’y remettre de l’ordre.

Une vraie révolte

Car la révolte de Ségolène Royal est authentique. Trop souvent la gauche a pris, par le passé, des pauses. Trop souvent, complexée par la droite, elle a voulu donner des gages de bonne gestion avant de se confondre au sein des élites, top souvent elle s’est contentée de révoltes culturelles, de rebellions faciles.

Ségolène Royal a eu froid, a connu la pauvreté, a connu l’injustice, a été une provinciale boursière dans les écoles du VII e arrondissement. Et elle ne l’a pas oublié. Ses révoltes sont authentiques. Elle sait pour quoi elle se bat. Elle sait pour qui elle se bat. Sa boussole est ferme.

Une projet de gauche moderne

Son projet est donc celui d’une gauche modernisée, ce qui ne veut pas dire droitisée, loin de là. La réaction des grands industriels des médias le prouve...

Elle n’accepte ni les totems ni les tabous. Si la carte scolaire ne marche plus, qu’on le dise. Si les parents prennent des cours de soutien scolaiure, c’est qu’ils en ont besoin. Que le service public les aide ! S’il y a une délinquance croissante, c’est que des repères sont perdus et que la prison est une école du crime. Qu’on invente autre chose !

Elle a su prendre à la première gauche le sens des luttes sociales, l’économie au service de la personne humaine, l’esprit internationaliste. Elle a su prendre à la deuxième gauche le sens de la régulation, la décentralisation, l’intérêt pour l’économique. Elle a su prendre aux mouvement altermondialistes le respect absolu de l’environnement, le goût du travail en réseau, de la démocratie participative. Et de ceci, grâce à sa propre personnalité, elle a fait un alliage cohérent.

Un projet de France moderne

De ce projet de gauche renouvelée, elle a fait un projet pour toute la France. Recherchant, partout, des logiques "gagnant-gagnant", des cercles vertueux, elle parle à toute la Nation. Quand elle parle d’Europe, c’est au sein d’une alliance avec nos partenaires qu’elle a préalablement consultés.

Une France qui garde l’héritage de De Gaulle, qui renoue avec celui de Mitterrand, qui se souvient de son histoire avec l’Afrique, qui se rappelle qu’elle doit être à la pointe de la construction européenne, qui sait qu’elle a toujours été grande quand elle a été juste, qu’elle a toujours été elle-même quand elle a voulu parler au monde entier.

Une France dont la vie politique sera profondément renouvelée pour que les élus fassent droit à la demande des citoyens : plus de présence (lilmitation du cumul des mandats), plus de responsabilité, plus d’échanges avec les citoyens. Une sixième République que les miasmes des 15 dernières années rendent indispendable.

Ségolène Royal est d’une gauche inoxydable. Mais elle a aussi grandi dans une famille de droite, de province, croyante et militaire et en a gardé des valeurs. C’est ce parcours qui a fait gloser qui la rend aujourd’hui capable d’être le chef de l’Etat, et de proposer aux familles politiques françaises des accords gagnats pour tout le pays.

La capacité de gagner

Et puis, surtout, malgré les forces liguées aujourd’hui contre elle, Ségolène Royal peut gagner cette léection présidentielle. La France ne voudra pas de Nicolas Sarkozy. Il ne se contrôle pas et divise le pays. La France le sait. Que Ségolène Royal l’affronte au deuxème tour, et elle gagnera. les instituts de sondage amis de l’UMP ont beau dire, ils nous refont le coup du référendum européen : ils confondent leurs désirs et leur travail.

Alors dimanche, je n’hésiterai pas. C’est fièrement que je voterai pour Ségolène Royal !

Raphaël Anglade

Par fede ps - Publié dans : Le pack militant
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Vendredi 27 avril 2007 5 27 /04 /2007 10:02

Françoise Mesnard, Médecin du travail, Conseillère Régionale Poitou Charentes et Maire adjointe à St Jean d'Angélè nous livre sa contribution au débat sur la santé. Elle analyse et décrypte les propositions de Sarkozy dans ce domaine. Lisez ce texte attentivement. 

Contrer le discours mensonger de la droite

1 - la Sécu est mal gérée et c’est un système dépassé = faux

  • son financement repose sur les revenus du travail et pas sur les revenus du capital . Or, la redistribution des bénéfices des entreprises vers les salaires a diminué de 10 % au profit des actionnaires depuis 30 ans. Si la redistribution était restée la même, il n’y aurait pas de problème.
  • elle permet d’avoir un des meilleur système de santé au monde et l’espérance de vie en France est une des meilleures au monde
  • pas besoin de questionnaire de santé pour y adhérer, on paye en fonction de ses revenus et on est tous soigné pareil (tout le contraire d’une assurance santé privée)
  • en France, quand on va dans un hôpital, on est d’abord soigné alors que dans beaucoup de pays notamment les Etats unis , il faut d’abord donner sa carte bleue.
  • La droite désorganise le système de santé et notamment augmente la part payé par les assurés (dépassement d’honoraires, franchise de 18 euro pour les actes de plus de 91 euro), pénurie des médecins, règles du jeu différentes entre le public et le privé
  • Le coût des dépenses de santé lié au travail pèse lourdement sur la branche maladie au lieu d’être payé par les entreprises via la branche « accidents du travail/maladie professionnelle » ainsi en octobre 2005, 18 % des arrêts maladie était lié à des dépressions en relation avec le travail (pression psychologique, épuisement professionnel, harcèlement moral)

2- il y a trop de charges sociales et si on baisse les charges sociales , on peut augmenter les salaires = faux
La grande partie des charges sociales sont les cotisations sociales « santé et retraite », ce sont des « salaires différés » et si elles étaient supprimées, il faudrait que chacun se paie une assurance ce qui lui reviendrait beaucoup plus cher (cf. augmentation des coûts de mutuelles).

Les propositions de Ségolène

"égalité d'accès au soin et à la prévention"

  • meilleur financement de l’hôpital public : plus de moyens en personnel pour une meilleure qualité de soins et de prévention et meilleur maillage territorial
  • création de 500 dispensaires notamment dans les zones rurales pour éviter la désertification médicale et améliorer les conditions de travail des professionnels de santé
  • augmentation immédiate du numerus clausus pour augmenter le nombre des médecins
  • suppression des franchises à payer par l’usager
  • une carte santé jeunes 16/25ans ouvrant droit a la gratuité de tous les soins
  • contraception gratuite
  • augmentation immédiate de 5% de l’AAH
  • améliorer l’accès aux maisons de retraite et la qualité des maisons de retraite (le ratio passerait de 0.5 personnel par résidents a 0.8 . Revalorisation immédiate de 5% des petites retraites
  • un grand plan de prévention et de recherche des maladies graves (Alzheimer, maladies orphelines, cancers) et contre l’obésité
  • une meilleure prévention de la santé au travail afin d’avoir un travail de qualité

Les propositions de Nicolas Sarkozy

« une médecine où la carte bleue remplacera la Carte Vitale »

Il s’agit d’un programme ultra-libéral avec deux propositions fortes

  1. instauration d’une franchise de 50 à 100 euro supplémentaires

(en plus des franchises déjà existantes : 1 euro pour les consultations et 18 euro pour les actes de plus de 91 euro)

  • elle va peser sur les revenus les plus modestes
  • et sur les malades atteints de longues maladies (50% des dépenses relèvent de 4 % des malades)

2 - espace de liberté tarifaire accordé aux médecins libéraux = honoraires libres
la facture est déjà lourde pour les patients avec la réforme Douste-blazy et les citoyens se plaignent dans certain territoire de ne trouver aucun spécialiste au tarif conventionnel donc à chaque fois , ils en sont de leur poche même s’ils ont une mutuelle. De toute façon le coût des mutuelles explosent

critique

 

  • c’est le patient qui va payer plus alors que beaucoup renoncent aux soins (déjà ¼ des étudiants ne se soignent pas !!!! et 13 % de la population française)
  • rien n’est dit sur l’hôpital public en grande difficulté par faute de financements insuffisants et non par ce qu’ils seraient mal gérés
  • ni sur les problèmes de démographie médicale alors que c’est une vraie urgence
  • petit a petit on s’achemine par une baisse du taux de remboursement par la Sécu qui est actuellement de 60% vers la casse finale du système socialisé ( le budget de la Sécu est plus important que le budget de l’état et ce gâteau suscite la convoitise des grands groupes d’assurances type AXA) (réf : le projet du MEDEF lors de son congres de 2002)
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /2007 11:15
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /2007 11:40

Ce que dissimule les promesses fiscales de Nicolas Sarkozy - où un calcul rapide permet de démasquer une escroquerie: la "baisse des impôts".


Dans Le Monde du 23 janvier 2007, Nicolas Sarkozy précise ses ambitions fiscales pour la France. Son raisonnement est le suivant : en baissant l’impôt sur le revenu, on rend du pouvoir d’achat aux Français, lesquels vont consommer davantage, ce qui aura pour effet d’augmenter les recettes de l’Etat via la TVA. Un petit décryptage s’impose.

Rappelons d’abord que l’impôt sur le revenu est un impôt progressif et "redistributif ", l’impôt solidaire par excellence : plus vos revenus sont importants, plus vous payez, et donc plus vous contribuez à la solidarité nationale. Dit autrement, une partie de ce que vous gagnez est redistribuée à l’ensemble des Français via le financement des services publics de la santé, de l’enseignement, de la police, de la justice, etc... - car il est utile de rappeler qu’on ne place pas dans un coffre-fort les fonds collectés par les impôts.

Illustrons ce mécanisme avec un exemple simple (et des chiffres volontairement simplifiés) : supposons que chaque Français reçoive de l’Etat mille euros par an via l’accès aux services publics (scolarité des enfants, accès à l’hôpital, sécurité...).

Via l’impôt sur le revenu et son assiette progressive, un Français (appelons-le Jean) qui gagne 1000 € par mois paiera 500 € d’impôt sur le revenu par an ; un autre (disons Béatrice) qui gagne 2000 € mensuel paiera 1500 € d’impôt annuel (elle gagne le double de Jean mais contribue au triple à la solidarité nationale, et c’est là tout l’intérêt de la progressivité de l’impôt : la redistribution solidaire des ressources) ; et enfin Nicolas, qui gagne 4000 € chaque mois, paie, quant à lui, 5000 € par an en impôt sur le revenu (même chose donc...).

En net (c’est-à-dire compte tenu que chacun reçoit en retour 1000 € via les services publics), Jean reçoit de l’Etat 500 €, tandis que Béatrice ne contribue réellement au fonctionnement de l’Etat que pour 500 € et Jean pour 4000 € - mais il reste que Jean a un revenu net d’impôt de 11 500 € (contre 12 000 avant redistribution), tandis que celui de Béatrice est de 22 500 € (contre 24 000 avant redistribution) et celui de Nicolas de 43 000 € (contre 48 000 avant redistribution), chacun d’entre eux ayant par ailleurs un accès égal aux services publics de l’Etat (du moins en théorie...).

Disons maintenant que la population française est répartie de la manière suivante : pour vingt Français qui gagnent 1000 € par mois (et sont donc dans le cas de Jean), quatre gagnent 2000 € (comme Béatrice) et deux gagnent 4000 € (comme (Nicolas). On remarquera que, dans cet exemple très simplifié, l’Etat a des dépenses strictement équivalentes à ses recettes.

Faisons alors ce que préconise Mr Sarkozy et baissons l’impôt sur le revenu de tout ce petit monde (c’est d’ailleurs peu ou prou la politique menée par les gouvernements Raffarin-Sarkozy-Villepin depuis cinq ans).
Rendons donc à chacun 10% de ce qu’il paie en impôt sur le revenu :

  • Jean récupère 50 € de pouvoir d’achat, à comparer à son revenu annuel net qui était de 11 500 € (donc une augmentation de moins de 0,5 % de son pouvoir d’achat) ;
  • Béatrice de son côté récupère 150 € (soit un gain de 0,7% sur son pouvoir d’achat) ;
  • quant à Nicolas, il gagne dans l’opération 500 € : 1,15% de pouvoir d’achat en sus, et en valeur, dix fois plus que Jean, lequel gagne pourtant quatre fois moins... Terrible constat mathématique qui détruit un effet d’annonce, mais que le lecteur, et encore plus le téléspectateur, ne fera jamais, car personne ne prendra le temps de le lui expliquer. Cette analyse jamais effectuée démontre pourtant amplement que l’impact d’une baisse d’imposition n’a absolument rien d’égalitaire. Au contraire, elle renforce l’inégalité existante !


INJUSTICE FISCALE

Mais regardons maintenant cette "opération Sarkozy" d’un autre point de vue : selon ses propres termes, 2600 € sont ainsi "rendus aux Français" en pouvoir d’achat. Sur ces 2600 €, 1000 € vont aux deux Français qui gagnent déjà... 4000 € par mois, 600 € vont aux quatre français qui gagnent 2000 € par mois et enfin 1000 € sont répartis entre les ... vingt Français qui eux gagnent seulement 1000 € par mois. Dit autrement, le cadeau fiscal de M. Sarkozy profiterait autant à 10% des Français les plus riches qu’à 75% des contribuables français les plus pauvres. On peut sans doute avoir une autre conception de la justice fiscale !

On aura par ailleurs remarqué que cet exemple a mis de côté tous les Français qui en réalité gagnent suffisamment peu pour ne pas payer l’impôt sur le revenu (48 % des personnes en mesure de l’acquitter) et qui de fait ne profiteraient pas du tout du "cadeau" de M. Sarkozy. De même qu’on n’a pas ici évoqué le cas des très riches... dont une part du revenu échappe déjà en grande partie par des déductions légales combinées.

Le second problème est maintenant que notre Etat, dont les dépenses étaient équilibrées (c’est une théorie), se retrouve avec 2600 € de moins dans ses caisses... et peut donc obligatoirement rendre moins de services, moins redistribuer. Mais Nicolas Sarkozy nous dit qu’il avait la solution : ce pouvoir d’achat, qu’il redistribue de cette manière socialement douteuse, ira à la consommation, donc rapportera à l’Etat en TVA.

Remarquons d’abord que l’hypothèse est pour le moins très discutable : dès lors que ce pouvoir d’achat est distribué pour moitié à des catégories sociales suffisamment aisées pour avoir déjà eu la possibilité de constituer une épargne, et qui donc ont les moyens de consommer à hauteur non seulement de leurs besoins mais également de beaucoup de leurs désirs, on peut facilement comprendre qu’une bonne partie de ce pouvoir d’achat supplémentaire viendrait en réalité tout simplement grossir une épargne déjà constituée.

LE COMPTE N’Y EST PAS !

Mais admettons, admettons que tout ce pouvoir d’achat soit consommé et rapporte à l’Etat 19,6% de TVA. Ce serait alors seulement... à peine 20% de la somme investie par la diminution qui serait récupérée par l’Etat.

Le compte n’y est pas du tout, et il faudra donc également diminuer les dépenses (dépenses pour l’école, pour la santé, pour la justice, pour la sécurité...) si l’on ne veut pas creuser un déficit déjà beaucoup trop lourd. Et ainsi, ce ne sont plus 1000 € qui pourront être redistribués à chaque Français via leurs services publics, mais plus que 920, soit une perte de 80 € pour chacun ! Les gens qui auront déjà perdu subiront une double peine dans la mesure où ce sont les petits et moyens revenus qui " consomment" les services publics, les autres ayant en tant que besoin recours au privé.

Faisons finalement les comptes de la supercherie, du miroir aux alouettes électorales :

Jean gagnerait... 50 € annuel sur sa feuille d’impôt, qu’il consomme et sur lesquels donc il paye 20% en TVA, soit 10 €, et on arrive donc un gain net annuel de 40 € auquel il faut ajouter qu’il subira de plein fouet les suppressions de postes dans les écoles, les hôpitaux, et les autres services publics, l’Etat ne consacrant plus que 920 € à leur financement. Au total, ce brave Jean, alors qu’on lui vend une réduction de sa charge fiscale, n’aura absolument rien gagné, et se retrouvera en réalité perdant de 40 € ! Il aura de fait été politiquement abusé !

Béatrice qui doit gagner 150 € annuels sur sa feuille d’impôt, moins 30 € reversés en TVA, aura finalement un gain net annuel de 120 €. Et au total (en tenant compte des sommes que l’Etat ne peut plus lui redistribuer), un gain réel de seulement 40 € . Et pour elle aussi l’illusion risque d’être cruelle.

Nicolas, pour sa part, gagne 500 € d’impôt sur le revenu, il reverse 100 € en TVA (à moins bien sûr qu’il ne choisisse d’épargner, mais bon...) ; il fait donc un gain net annuel de 400 €, qui lui permettront facilement de financer les 80 € que l’Etat ne consacre plus à sa santé ni à sa sécurité - et il lui reste même plus de 300 € pour payer un soutien scolaire privé à ses enfants (l’enseignement public étant défaillant faute de moyens suffisants), ou un accouchement dans une clinique privée pour sa femme (l’hôpital public n’ayant plus les moyens de fonctionner efficacement), à moins plutôt qu’il ne choisisse de les placer dans une caisse de retraite privée...

UNE ESCROQUERIE FLAGRANTE

Dans cette démonstration, on a en outre omis de préciser que la TVA est un impôt proportionnel, donc totalement non progressif et non distributif, contrairement à l’impôt sur le revenu, et voilà donc une injustice sociale supplémentaire que de vouloir rendre d’un côté de l’impôt sur le revenu et prélever de l’autre par la TVA.

Mais on se souvient que c’est une pratique habituelle des amis de Nicolas Sarkozy, lesquels, il n’y a pas si longtemps, lorsque Alain Juppé était Premier ministre, avaient fait passer la TVA de 18,6% à 20,6% tout en prétendant baisser l’impôt sur le revenu. De même que nous savons déjà d’expérience que la baisse de l’impôt sur le revenu est accompagnée de la régionalisation de nombreuses dépenses, lesquelles sont alors financées via les impôts locaux (bien moins redistributifs eux-aussi...)

Au bout du compte, les impôts auront en réalité augmenté, et auront d’autant plus augmenté que vous êtes moins riches.

En conclusion, il faut évidemment remercier Nicolas Sarkozy de remettre au cœur du débat politique ces évidences qui font que prétendre que droite et gauche seraient des notions dépassées est une vaste duperie. Il y a pour les Français un véritable choix à faire - et il ne s’agit pas seulement de la fiscalité. Espérons que le débat - et l’information sur le débat - sera à la hauteur des enjeux qui président à ce choix. Faute de second tour, ce ne fut pas le cas en 2002. Il est aujourd’hui plus que temps que le débat ait lieu au grand jour, tout masque baissé et toute langue de bois rentrée. Ce petit texte a l’ambition d’y contribuer un peu...

AGORAVOX

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