Finies les ambiances de pétaudières. Partant du constat que “Trop d’informations, trop de rumeurs, trop de bruits sortent de l’Élysée qui sont d’ailleurs très souvent infondés”, la note rappelle “quelles sont les règles élémentaires de déontologie dans les relations avec les journalistes”. “Toute intervention sous forme d’interview télévisée ou dans les journaux est rigoureusement interdite, sauf autorisation exceptionnelle”.
En dehors du Président lui-même 4 personnes sont susceptibles de donner le feu vert : Claude Guéant le secrétaire général, François Pérol le secrétaire général adjoint, Emmanuelle Mignon la directrice de cabinet et David Martinon le porte-parole. Recadrage classique pour les uns, syndrome du Château fort pour les autres, la note témoigne en tout état de cause d’un jeu médiatique devenu anarchique. Il n’est pas certains que la méthode utilisée soit la meilleure. Au sein de la cinquantaine de conseillers, la liberté de manœuvre n’est pas la même.
Les conseillers de premier rang Henri Guaino, Claude Guéant, Raymond Soubie, François Pérol et Catherine Pégard la conseillère politique resteraient encouragés à participer au débat public. Des privilèges qui susciteraient de fortes jalousies dans un Palais touché par un phénomène de cour très avancé pour un début de mandat. Le Chef de l’Etat semble cultiver un management dans lequel la concurrence est poussée à son maximum pour ses collaborateurs. Une prime à celui qui se fera le plus remarquer. Une prime aussi à la peau de banane à l’égard de certains collègues qu’on n’est pas fâché de voir tomber en disgrâce à la suite d’un dérapage.
Officiellement, la note est motivée par “plusieurs événements récents”. Elle arrive une semaine après une dépêche de l’AFP faisant état d’une colère du chef de l’État contre Michèle Alliot-Marie et Fadela Amara, qui auraient selon un collaborateur du président mal géré les émeutes de Villiers-le-Bel. la “source” de l’AFP se serait fait remonter les bretelles pour une «allégation fausse». François Fillon, victime collatérale de la cacophonie élyséenne serait donc particulièrement satisfait de ce rappel à l’ordre qui fait suite à des fuites sur le veto supposé de Rachida Dati à une présence de Rama Yade au voyage en Chine. La multiplication des divulgations peut également s’expliquer par la multitude de personnes qui gravitent dans et autour de l’Elysée.
A ce jour, le nombre exact de conseillers demeure un secret bien gardé. Aucun nom ne figure sur le site de l’Elysée même si 48 conseillers ont été nommés par décret publié au Journal Officiel. En juin, Le Figaro avait avancé le chiffre de 65 avant d’essuyer un démenti informel de l’Elysée. Selon les observateurs, la ruche est pleine. Il y aurait donc des conseillers “officieux” des missi dominici envoyés un peu partout pour veiller aux intérêts du Château. Une telle armada explique mieux le dessaisissement de Matignon dans la gestion des affaires courantes. Le pouvoir a totalement glissé vers l’Elysée et l’on comprend mieux le malaise existentiel de François Fillon. Source : La Mouette
Les 49 conseillers officiels du Président de la République ont été destinataires lundi matin d’une note interne de la directrice de cabinet du président Emmanuelle Mignon et du porte-parole de l’Elysée David Martinon leur rappelant fermement leur devoir de confidentialité. Désormais toute “intervention officielle” et tout “contact informel” est interdit, sauf accord écrit et signé.

La situation des Français appartenant à la classe moyenne s'est davantage rapprochée de celle des bas revenus que celle des hauts revenus en 25 ans, en matière de chômage, de pouvoir d'achat et de logement, selon les résultats d'une étude du CREDOC sur les conditions de vie en France, rendus publics lundi 10 décembre. Parallèlement, les hauts revenus se détachent de plus en plus de ces deux autres catégories de la population.
Le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) a identifié trois catégories de Français à savoir les hauts revenus, 20% de la population percevant les plus hauts revenus, les bas revenus représentant les 20% de la population percevant les plus bas revenus, et les classes moyennes, soit 60% de la population se situant entre ces deux groupes.
Globalement, ce sont les classes moyennes qui se montrent les plus inquiètes pour l'avenir, avec 76% d'individus qui pensent que leurs enfants auront un niveau de vie inférieur au leur (70% des bas revenus, 71% des hauts revenus).
De plus en plus de chômeurs
De même, en ce qui concerne le chômage, 12% des classes moyennes déclaraient être au chômage ou sans emploi en 2007, (34% des bas revenus et 6% des hauts revenus), mais 15% de cette catégorie déclarent se sentir menacés par le chômage, contre 13% des bas revenus et 11% des hauts revenus.
Sur 25 ans, ces chiffres restent stables, avec cependant une nette hausse de la proportion d'individus au chômage chez les bas revenus (10% en 1980, 34% en 2007) et les classes moyennes (3% en 1980 et 12% en 2007, avec un pic de 19% en 1998).
En matière de pouvoir d'achat, 76% des bas revenus et 69% des classes moyennes indiquent s'être imposé régulièrement des restrictions sur un ou plusieurs postes de leur budget (contre 37% des hauts revenus). Ce sont également ces deux catégories de Français qui ont ressenti une dégradation de leur niveau de vie ces dix dernières années (1997-2007), avec 30% des bas revenus qui ont une impression négative et 23% des classes moyennes.
Accès à la propriété difficile
Les inégalités se sont creusées ces 25 dernières années pour l'accès à la propriété, et le patrimoine, avec 33% des bas revenus et 46% des classes moyennes propriétaires de leur logement ou accédant à la propriété contre 70% des hauts revenus en 2007, et 55% des bas revenus et 48% des classes moyennes jugeant que le poste logement constitue une charge "lourde ou très lourde" dans leur budget. Ils ne sont que 26% à le penser chez les hauts revenus.
Dans les années 80, la proportion de Français propriétaires de leur logement était similaire dans les trois catégories de Français, l'écart commençant à apparaître dans les années 90. En terme de patrimoine, seuls 9% des bas revenus et 12% des classes moyennes disposent de valeurs mobilières, contre 36% des hauts revenus en 2007.
Cette inquiétude se reflète sur la santé de ces catégories de Français, avec 21% des bas revenus et 16% des classes moyennes jugeant que leur état de santé n'est pas satisfaisant (7% des hauts revenus). Une impression concrétisée par 19% des bas revenus et 15% des classes moyennes souffrant d'état dépressif (9% des hauts revenus). Les proportions étaient quasi-identiques entre les trois catégories dans les années 80.
Convergence sur les biens d'équipement
En revanche, le CREDOC note une "convergence relative" sur les biens d'équipement (télévision -97%- pour tous, téléphone portable) mais l'équipement en micro-ordinateur et internet marque les différences de revenus (85% d'équipement chez les hauts revenus contre 40% chez les bas revenus et 48% chez les classes moyennes; 60% de connexion internet chez les hauts revenus, 36% chez les classes moyennes). En matière de culture, le cinéma et la bibliothèque sont fréquentées en proportion égale alors que les hauts revenus vont davantage au théâtre (31% contre 11% des bas revenus et 13% des classes moyennes), au musée (54%, 30% des classes moyennes et 25% des bas revenus) et au spectacle-concert (55% contre 36% pour les deux autres catégories).
Cette analyse des modes de vie des hauts revenus, des bas revenus et des classes moyennes en France depuis plus de 25 ans (1980-2007), s'inscrit dans une enquête plus large du CREDOC sur les conditions de vie et aspirations des Français à paraître en janvier 2008. Les premiers résultats ont été rendus publics par Régis Bigot, directeur adjoint du département Conditions de vie et aspirations des Français, lors du colloque "Classes moyennes et politiques publiques", organisé par le Centre d'analyse stratégique lundi à Paris.
- L'étude s'appuie sur l'analyse de données recueillies chaque année depuis 1979, en face-à-face auprès de 2.000 personnes (méthodes des quotas, échantillon renouvelé chaque année).
Le Nouvelobs - CREDOC

Avec l'aimable autorisation de l'Observatoire des Inégalités
L’évolution du nombre de Rmistes De décembre 1990 à décembre 2005 (son point le plus haut), le nombre de titulaires du Revenu minimum d’insertion a plus que doublé, passant de 500 000 à 1,26 million (DOM compris). Au cours de la période, seule la forte reprise économique de 1997-2001 est parvenue à faire légèrement diminuer ce nombre. De 2002 à 2005, on a assisté à une nouvelle montée. Ce mouvement d’ensemble est la conséquence directe du ralentissement de la croissance et de la lente montée du chômage. Mais le nombre de rmistes s’est aussi accru du fait des restrictions croissantes à l’indemnisation des demandeurs d’emploi, qui basculent alors du régime d’assurance chômage vers les minima sociaux, notamment dans la période récente. L’amélioration récente du marché du travail et la baisse des demandeurs d’emploi ont conduit à une stagnation du nombre de rmistes en 2006. En revanche, leur nombre a nettement diminué au cours des trois premiers trimestres 2007, - 7 %, soit 90 000 Rmistes de moins entre septembre 2006 et septembre 2007. Montant maximum du RMI au 1/01/07 : 441 € pour une personne seule sans enfants, 661 € pour un couple sans enfants, 926 € pour un couple avec deux enfants. Le nombre d’allocataires de minima sociaux Un peu plus de 3,5 millions de personnes étaient allocataires d’un des neuf dispositifs de minima sociaux fin 2005, en progression de 2,6 % par rapport à 2004, selon les chiffres de la Direction de la recherche des études de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère des Affaires sociales. En comptabilisant les ayants droits (conjoints, enfants...), plus de 6 millions d’individus vivent d’une allocation de ce dispositif. Parmi les 3,5 millions, un peu plus d’un million, soit 35 % des allocataires des minima sociaux, touchent le RMI et 375 000 l’allocation spécifique de solidarité (chômeurs en fins de droits), deux minima qui ne s’adressent pas à des populations spécifiques. On compte aussi 660 000 titulaires d’un minimum pour les personnes âgées (vieillesse, allocation supplémentaire d’invalidité et veuvage), 774 000 titulaires handicapés et 182 000 parents isolés (des femmes dans l’immense majorité des cas). La situation familiale des allocataires du RMI La part de personnes vivant en couple parmi les Rmistes est relativement faible : pas seulement parce qu’une petite partie de personnes démunies "oublient" de déclarer un conjoint pour éviter que l’on vienne rogner encore sur une allocation déjà maigre. L’isolement est aussi une cause de pauvreté. On notera qu’un quart des Rmistes doivent faire vivre d’autres personnes (le plus souvent leurs enfants) à partir de leurs allocations.
3,5 millions de personnes sont allocataires de minima sociaux, mais 6 millions de personnes au total en vivent...
Evolution du nombre de titulaires du RMI
Nombre de titulaires du RMI
en milliersVariation annuelle
en %
Décembre 1989
396 160
- -
Décembre 1990
496 285
25,3
Décembre 1991
567 556
14,4
Décembre 1992
654 642
15,3
Décembre 1993
774 803
18,4
Décembre 1994
888 468
14,7
Décembre 1995
925 286
4,1
Décembre 1996
988 715
6,9
Décembre 1997
1 045 303
5,7
Décembre 1998
1 087 861
4,1
Décembre 1999
1 120 251
3,0
Décembre 2000
1 072 258
- 4,3
Décembre 2001
1 051 725
-1,9
Décembre 2002
1 068 923
1,6
Décembre 2003
1 120 844
4,9
Décembre 2004
1 215 300
8,4
Décembre 2005
1 266 400
4,2
Décembre 2006
1 255 500
- 0,9
Septembre 2007
1 176 000
- 7,2
Métropole et Dom
Source : Cnaf - Direction des statistiques, des études et de la recherche (DSER)
Les allocataires des minima sociaux
Nombre d’allocataires
2004Nombre d’allocataires
2005Evolution
en % / entre 2004 et 2005
Ensemble des minima sociaux en métropole
3 115 400
3 198 400
2,7
Allocation d’insertion (jeunes en difficulté)
47 400
34 100
-28,1
Allocation veuvage
11 200
6 800
-38,7
Allocation supplémentaire d’invalidité (personnes âgées)
111 500
112 600
1,0
Allocation de parent isolé
175 600
182 300
3,8
Allocation aux adultes handicapés
760 100
774 200
1,9
Allocation supplémentaire vieillesse
547 500
537 000
-1,9
Revenu minimum d’insertion
1 083 900
1 134 500
4,7
Allocation de solidarité spécifique (chômeurs en fins de droits)
346 000
374 500
8,2
Allocation équivalent retraite - remplacement (AER)
32 200
42 400
31,7
France métropolitaine et DOM
3 425 200
3 514 600
2,6
Source : Cnaf, Msa, Unedic, Cnamts, Cnav
Répartition des bénéficiaires du RMI selon la situation familiale
en %
Personnes seules
56,8
- dont hommes seuls
37,3
Isolés avec personne(s) à charge
25,6
Couples avec ou sans enfants
17,6
Source : CNAF - DSER, cité par le rapport 2005-2006 de l'observatoire de la pauvreté et de l'exclusion sociale, métropole et DOM

Lutte ouvrière (LO) a adopté durant le week-end une stratégie d'alliance avec des partis de gauche, dont le Parti socialiste, en vue des élections municipales de mars 2008, a annoncé Arlette Laguiller lundi 3 décembre.
Le congrès de LO, qui s'est déroulé à huis-clos, en banlieue parisienne, a tiré les conséquences de l'échec d'Arlette Laguiller à la présidentielle -1,33% des voix.
"Le congrès a approuvé le fait de discuter de participations éventuelles sur des listes de gauche" lors des municipales de mars, affirme l'ex-candidate et porte-parole de l'organisation trotskiste, dans un communiqué.
Discussions " en cours "
Cette stratégie ne vise "pas uniquement" le PS, le but étant de parvenir à "des listes unitaires de la gauche pour résister à la droite, voire pour gagner des municipalités sur elle", précise-t-elle.
Pour l'heure, précise Arlette Laguiller, "les discussions avec des partis de gauche sont en cours mais aucun accord n'est encore finalisé".
Arlette Laguiller reconnaît que "cette attitude est nouvelle", mais "la possibilité de l'envisager" ne l'est pas: si LO ne l'avait pas appliquée lors des précédentes municipales, c'est parce que "le Parti socialiste et le Parti communiste étaient au gouvernement et s'y comportaient comme la droite aujourd'hui, ce que nous ne voulions pas cautionner".
Des négociations seraient en cours entre Lutte ouvrière et le Parti socialiste dans plusieurs villes, notamment à Saint-Brieuc, Lorient, Angers et Avrillé, selon des informations parues dans la presse.
En outre, LO entend présenter ses propres listes "dans un maximum de villes" avec comme objectif "de dépasser les 128 listes et les 5.000 candidats présentés en 2001".
Pas de grand parti avec Besancenot
Par ailleurs, le congrès n'a pas choisi sa future candidate à la présidentielle de 2012, alors que sa figure emblématique (1,33% en 2007, 5,7% en 2002) a déjà annoncé qu'elle ne se représenterait pas. "Mais je resterai porte-parole du parti et l'une de ses dirigeantes", précise Arlette Laguiller, 67 ans, qui n'entend pas prendre sa retraite.
Selon elle, le congrès a par ailleurs approuvé "à la quasi unanimité" les orientations de la majorité sortante et rejeté la proposition d'un nouveau parti anticapitaliste avancée par Olivier Besancenot (LCR). "Nous nous réclamons ouvertement du marxisme, du léninisme et des premières années de la révolution russe, du trotskysme", souligne-t-elle.
Le Nouvel Obs.com et AFP
Avec leur aimable autorisation