CANTONALES. --Lundi soir à Rochefort, les vingt-cinq candidats de l'union PS-PRG étaient réunis derrière Bernard Lalande, leur leader, pour lancer la campagne des élections de mars prochain
Une union pour gagner
| :: Kharinne Charov |
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Les ténors de la gauche départementale étaient là, les Quéré (député), Grasset (maire de Rochefort), Falorni (secrétaire confédéral), Leroy (conseiller général), Groscolas (maire de L'Houmeau), pour soutenir les vingt-cinq candidats que présentent le PS et le PRG aux prochaines cantonales des 9 et 16 mars. Pour tous, l'enjeu est aussi de hisser Bernard Lalande, pour l'heure maire, conseiller général de Montendre et président du groupe des élus socialistes et apparentés au département, sur le siège de Claude Belot.
Responsabilité politique. Face à un Conseil général qui a pris ses aises depuis vingt-trois ans, tout est jouable. Faute d'avoir eu Paris, qu'on ait au moins la Charente-Maritime », déclarait d'emblée le conseiller général rochelais Denis Leroy pour lancer la campagne. Il ajoutait : « Pour nous, la valeur des hommes passe avant celle de l'argent, nous préférons conjuguer le verbe être au verbe avoir. » Le ton était donné. C'est Gilles Gautronneau, conseiller général et chef de file du PRG, qui prenait la parole en premier, rappelant que l'enjeu de cette campagne était d'emporter la majorité au Conseil général. Celle qui a échappé à la gauche d'un pauvre petit siège la fois passée.
Quand on se souvient du rôle de certains radicaux en 2004 lors de l'élection du président, on comprend que Gilles Gautronneau ajoute : « Je me félicite de notre entente PRG-PS pour mettre toutes les chances de notre côté. »
Pour l'élu radical, au-delà de l'alternance politique, « il faut prendre le pouvoir pour faire une autre politique au service des Charentais-Maritimes et pas seulement au service de la droite comme c'est le cas depuis trois ans. » Et Bernard Lalande d'embrayer sur le programme en partant d'abord d'un constat.
« Non-solidarité et clientélisme. » « Depuis vingt-cinq ans, la Charente-Maritime est gérée par la même équipe, un train de sénateurs sans état d'âme sur le délabrement social du territoire. »
Denis Leroy avait prévenu que « ça risquait de décoiffer », c'était parti. Inégalités sociales, chômage, Rmistes, logements sociaux, offre de soins, handicap, vieillesse, transports, tout était passé au crible pour décrire « une politique de non-solidarité depuis vingt-cinq ans et des subventions qui reposent sur le clientélisme. »
Le v?u du leader de la gauche socialiste et radicale, c'est de « permettre à chacun de vivre une vie digne et debout. » Le programme du PS-PRG passe par quatre chantiers autour de jeunesse, sport et culture ; environnement et déplacements ; économie et territoire ; et solidarités sociales.
« Un expert-comptable vaut bien un prof de géographie pour gérer les comptes du département. » Elle était facile, mais Bernard Lalande ne pouvait s'empêcher de la faire. De bonne guerre après tout.

Le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande s'est prononcé mercredi en faveur de l'organisation d'une élection primaire pour désigner un candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle de 2012.
"L'idée que nous essayons de rechercher, ce serait l'idée d'une primaire à gauche avant même l'élection présidentielle, qu'il y ait un candidat commun de la gauche qui puisse être désigné par les sympathisants de la gauche, le PS présentant son propre candidat à cette primaire à gauche", a déclaré François Hollande sur France-Inter.
"Je ne sais pas si nos partenaires voudront aller jusque-là, mais en tout cas, l'idée mérite d'être lancée parce que ça pourrait être une façon d'avoir (...) le meilleur premier tour".
Interrogé sur l'opportunité de l'annonce de la candidature de Ségolène Royal à la tête du PS, l'actuel Premier secrétaire a estimé qu'"aujourd'hui, les socialistes ont devant eux une échéance qui intéresse les Français, ce sont les élections municipales et cantonales". "Ensuite ils auront un rendez-vous, après ces scrutins, c'est le congrès, leur congrès, pour désigner leur leader et la stratégie qui doit être celle du Parti socialiste et son orientation", a-t-il dit. "Moi, je ne me détournerai pas de ce calendrier, c'est trop important", a-t-il promis, avant de demander "aux uns comme aux autres" de "se tourner vers les Français pour gagner les élections municipales".
"Je veux que le Parti socialiste soit le premier parti de France lors des élections municipales, et en termes de suffrages, et en termes de villes et de départements dont nous aurions la responsabilité".
Après avoir laissé entendre le 3 janvier qu'elle briguerait le poste de Premier secrétaire lors du congrès du PS à la fin de l'année, Ségolène Royal a semblé faire un pas en arrière mercredi. "Le temps du congrès n'est pas venu, on m'a attribué une déclaration de ce type, je n'ai pas eu de déclaration de dépôt de candidature à une échéance qui de toute façon n'est pas fixée", a-t-elle dit sur LCI.
AP

Raymond Forni, ancien président de l’Assemblée nationale et président du Conseil régional de Franche-Comté, est décédé à l’hôpital Saint-Louis de Paris ce 5 janvier 2008, à 66 ans, des suites d’une leucémie foudroyante. Il était marié et père de cinq garçons.
Né à Belfort de parents italiens, il sera naturalisé français à l’âge de dix-sept ans. Son père meurt alors qu’il a 11 ans, il doit interrompre ses études en classe de 1re et entre comme ouvrier aux usines Peugeot. Il va passer son baccalauréat en 1962, à 21 ans, par correspondance puis s’inscrit à la faculté de droit et devient avocat à 27 ans et s’installe à Belfort.
Il est élu député PS du Territoire de Belfort en 1973, à 32 ans, en même temps que Jean-Pierre Chevènement, également élu de ce territoire. Il sera parlementaire durant cinq législatures entre 1973 et 2002. Il préside la Commission des lois de 1981 à 1985. En 1981, il est le rapporteur de la loi sur l’abolition de la peine de mort ; Raymond Forni soulignait qu’il s’agissait de son plus beau souvenir de parlementaire.
En août 1985, il abandonne tous ses mandats avec sa nomination à la Haute Autorité de la communication audiovisuelle par François Mitterrand. . Il y siège jusqu’à fin 1986 et le remplacement de cette autorité par la CNCL. Raymond Forni a également été vice-président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés de 1978 à 1985 et de 1988 à 1991.
En 1988, il est réélu député, est battu aux législatives de 1993 et réélu en 1997 mais battu de nouveau à celles de 2002. Il n’obtient pas d’investiture de son parti en 2007.
Longtemps réputé proche de Jean-Pierre Chevènement, animateur du courant CERES au sein du Parti socialiste, il ne le suivra pas lors de la création du MDC et restera au Parti socialiste. Avec Jean-Pierre Chevènement se développe une relation d’amis et rivaux.
Parlementaire remarqué pour son travail, il ne fut jamais au Gouvernement ; « Cher ami, vous devriez être ministre depuis longtemps » lui dit un jour François Mitterrand. « Monsieur le Président cela ne tient qu’à vous. » « Ah oui, mais vous êtes sur le territoire de Belfort ». Il eût été délicat que le même département, de 137 000 habitants, eût deux ministres à la fois ; Jean-Pierre Chevènement ayant appartenu à la majorité des gouvernements de Gauche des septennats Mitterrand.
Sommet de sa carrière politique, Raymond Forni devient le quatrième personnage de l’Etat en étant élu Président de l’Assemblée nationale du 29 mars 2000 au 18 juin 2002, succédant à Laurent Fabius, également socialiste, et étant à son tour remplacé, dans la nouvelle assemblée élue en juin 2002, par Jean-Louis Debré (RPR puis UMP). Cultivé, il était réputé pour son franc-parler et sa fermeté dans la direction des débats.
Il fut président du Conseil régional de Franche-Comté, du 2 avril 2004 jusqu’à sa mort. Lors des élections présidentielles, il fut partisan du retour de Lionel Jospin avant de soutenir Ségolène Royal.

Nicolas Sarkozy et son gouvernement (AP)
Le porte-parole du Parti socialiste, Julien Dray, a estimé jeudi 3 janvier, après l’annonce de l’évaluation de l’action des ministres par Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement, que "le seul qui échappe à la notation est Nicolas Sarkozy". "Dans ce monde sans pitié, tout le monde l’a bien compris, le seul qui échappe à la notation est Nicolas Sarkozy", écrit le député de l’Essonne, dans un communiqué.
"Vraies attentes"
"On vient d’apprendre que l’action (des ministres) va être évaluée selon des critères aussi fantaisistes ou douteux que le nombre de sans-papiers expulsés, pour Brice Hortefeux, ou le nombre de ministres français présents aux conseils des ministres européens pour Bernard Kouchner", poursuit-il. "Cette confusion soigneusement entretenue entre efficacité et poursuite aveugle d’objectifs comptables ne suffit pas à cacher l’embarras du président et de ses ministres quant à ses nombreuses promesses non tenues", selon Julien Dray. "Nous conseillons donc au président de la République de faire évaluer l’action gouvernementale en fonction" de ces promesses et "des vraies attentes des Français, en matière notamment de pouvoir d’achat, d’emploi et de croissance", conclut le porte-parole du Parti socialiste.
"Un coup de communication"
Un peu plus tôt, le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a également réagi dans un communiqué, estimant que l’évaluation de l’action des ministres était une initiative "tout aussi grotesque que dangereuse". Selon Aurélie Filippetti, députée de Moselle et porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, le gouvernement veut "réaliser un coup de communication en faisant miroiter aux Français l’image d’un gouvernement actif, seulement mobilisé sur les résultats". Elle considère également cette initiative "dangereuse parce que la politique n’est pas affaire de chiffre, de quotas et de rendement".
Envoyer à Sarkozy le DVD des "Temps modernes"
La députée "trouve intolérable que le ministre de l’identité nationale soit bien noté parce qu’il aura renvoyé assez d’immigrés clandestins" et "tout aussi ridicule" d’évaluer la ministre de la culture sur la fréquentation des musées alors que la politique culturelle "doit avant tout favoriser la création".
"Le Ministre de l’Education n’ira pas au piquet si les enseignants ont fait assez d’heures supplémentaires !", ironise Aurélie Filippetti. "Sous couvert de création, Nicolas Sarkozy et François Fillon transforment Matignon en un cabinet d’audit. Le chiffre donc, toujours le chiffre !", lance la députée. "On ne gère pas la France comme une entreprise de boulons", affirme-t-elle, avant de demander qu’on envoie au chef de l’Etat le DVD des "Temps modernes" de Chaplin.
François Hollande a estimé, mardi 18 décembre lors d'une conférence de presse, que Nicolas Sarkozy était "devenu l'oncle Picsou", dénonçant le plan "lointain", "partiel" et "incertain" du gouvernement pour le pouvoir d'achat.
"Au 1er janvier 2008, il n'y aura pas un euro de plus pour les Français, il y aura bien des euros en moins", a déclaré le Premier secrétaire du Parti socialiste à l'Assemblée nationale avant le début de l'examen du projet de loi sur le pouvoir d'achat. "Nicolas Sarkozy a dit qu'il n'était plus le père Noël. Il est devenu, si je puis dire, l'oncle Picsou", a ajouté François Hollande.
Rappelant les mesures qui vont entrer en application au 1er janvier, le député de Corrèze a évoqué la hausse des prix du gaz, la mise en application des franchises médicales et la réduction de moitié de l'exonération de la redevance télévisée pour les personnes de plus de 65 ans.
Un texte "lointain, partiel et incertain" pour le PS
Les socialistes ont démonté point par point le projet de loi sur le pouvoir d'achat, examiné à partir de mardi soir par les députés. Ce texte, qui permet notamment le rachat de jours de réduction du temps de travail (RTT), est "lointain quant à ses effets, partiel quant à ses bénéficiaires et incertain quant à son impact", a accusé François Hollande.
Toutes les mesures sont soumises au "bon vouloir des chefs d'entreprises", a remarqué Jean-Marc Ayrault. "Pour l'immense majorité, ce sera ou l'aumône, ou le pourboire", a dénoncé le président du groupe socialiste.
Les salariés qui ne bénéficient ni d'un accord de participation, ni de jours de RTT seront "exclus du dispositif", a noté François Hollande. De plus, ces jours RTT "supposent de l'activité, du travail et donc de la croissance" et "il nous est dit par le Premier ministre que la croissance pour 2007 sera inférieure à ce qui avait été espéré et que la croissance 2008 sera encore à un niveau plus faible". "Comment prétendre qu'il y aura des possibilités de travailler plus?", a demandé le Premier secrétaire du PS.
Une étude démontre l'inefficacité du rachat des jours de RTT
Les socialistes ont trouvé mardi un nouvel argument contre le projet de loi avec la publication d'une évaluation de la commission des Finances de l'Assemblée sur le dispositif de rachat de jour RTT. Cette étude, commandée par le président socialiste de la commission Didier Migaud, montre que le rachat des jours de RTT sera beaucoup moins avantageux pour les salariés que la défiscalisation des heures supplémentaires mise en place par la loi du 21 août sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA). "Ce qui est donné d'un côté, à supposer que cela le soit, est repris de l'autre", a dénoncé François Hollande.
Les socialistes entendent profiter du débat dans l'hémicycle pour défendre leur plan "immédiat, global et concret" pour le pouvoir d'achat. Ils prônent notamment une revalorisation de 50% de la prime pour l'emploi (PPE), une baisse de la TVA sur les produits alimentaires, l'encadrement des loyers et la généralisation du chèque-transport.
Le texte que les députés examinent doit entrer en vigueur le 1er janvier. Les débats à l'Assemblée Nationale devraient durer au moins jusqu'à jeudi.
Le Nouvel Obs

