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Jeudi 14 février 2008

"Chaque fois qu'on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire", a affirmé François Hollande. Il a en revanche critiqué la position de Nicolas Sarkozy sur la laïcité.

(c) Reuters

(c) Reuters

François Hollande, le numéro 1 du PS a approuvé jeudi 14 février sur France-Info l'initiative de Nicolas Sarkozy de "confier la mémoire" d'un enfant victime de la Shoah à chaque élève de CM2. "Chaque fois qu'on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire", a affirmé François Hollande.
Le premier secrétaire du PS s'est par contre montré très critique sur la conception de la laïcité développée par Nicolas Sarkozy devant le Conseil des institutions juives de France (Crif).

Liberté de conscience

Réagissant à des propos de Nicolas Sarkozy devant le Crif qui affirmait que l'instituteur témoignait "d'une morale laïque, faite d'honnêteté, de tolérance, de respect" alors que "le curé, le pasteur, l'imam ou le rabin" témoignent "d'une transcendance dont la crédibilité est d'autant plus forte qu'elle se décline dans une certaine radicalité de vie", François Hollande s'est insurgé : "Il faudrait avoir une vie radicale, faire je ne sais quel voeu pour la vie terrestre pour avoir une morale supérieure à celle de l'éducateur, de l'enseignant (…) Je trouve que cette comparaison, non seulement n'est pas fondée, mais est choquante".
Selon lui, Nicolas Sarkozy ne doit pas oublier, même s'il est "croyant", qu'"il est le président de la République, le chef de l'Etat, celui qui doit défendre une conception beaucoup plus large que la sienne (…) La laïcité, ce n'est pas la négation de la liberté de conscience, c'est au contraire la reconnaissance de cette liberté de conscience".
 
LE NOUVEL OBS
par fede ps publié dans : La presse
Mardi 12 février 2008

Les patrons des plus importants groupes du CAC 40 ont reçu chacun en valeur médiane 6,175 millions d'euros de rémunération totale en 2007, selon une étude HayGroup révélée en exclusivité par latribune.fr et La Tribune.

Le chiffre fait rêver en ces temps de débats sur le pouvoir d'achat : 40% d'augmentation médiane entre 2006 et 2007. C'est la belle envolée des rémunérations qu'ont obtenu 77% des PDG français. Pas mal !

Ces chiffres explosifs, les premiers analysant les salaires 2007 des patrons français, secoueront sûrement les assemblées générales de printemps. Ils figurent dans l'étude de référence sur les rémunérations des comités exécutifs, réalisée par HayGroup, spécialiste mondial des rétributions, que publie en exclusivité latribune.fr.(..)

Cette augmentation considérable propulse les rémunérations des patrons français à des niveaux jamais atteints. Les PDG des plus importants groupes du CAC 40 ont reçu en 2007 chacun 6,175 millions d'euros de rémunération totale (salaire de base + bonus + stock options et actions gratuites valorisés) en valeur médiane. Les patrons des groupes réalisant un chiffre d'affaire moyen de 20 milliards d'euros et employant 100.000 salariés gagnent chacun 4,518 millions d'euros.

Leurs homologues des entreprises réalisant en moyenne 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires et employant 50.000 salariés, ont été rémunérés 2,679 millions d'euros en 2007. Enfin, les patrons des plus petites entreprises du SBF 120 ont gagné 882.000 euros.

Ces chiffres ont été obtenus en décortiquant les comptes de 135 groupes, dont tous ceux du CAC 40 et du SBF 120, plus quelques quinze entreprises emblématiques (ASF, Colas, Latécoère, Sanef, Airbus, DCNS ....). Ensuite, les mathématiciens qui pilotent les études HayGroup, ont calculé la médiane, la ligne de partage entre les 50% des titulaires les mieux payés et les 50% les moins payés. Ce mode de calcul plus précis est préféré à la simple moyenne qui laisse la part trop belle aux extrêmes. De plus, HayGroup ne prend en compte que l'évolution des salaires des PDG présents en 2006 et en 2007 pour éviter que le départ d'un patron très bien payé fasse plonger l'indice.(..)

D'après La Tribune

 
par fede ps publié dans : La presse
Mardi 12 février 2008

Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.
La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable. Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quels que soient ses origines, ses choix philosophiques  ou ses convictions religieuses.
Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.
Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation  des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute  leur  place au doute, à l’imagination et à la créativité.
C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité. 

pour signer cet appel http://www.appel-laique.org/ 

Jeudi 7 février 2008

"C'est mieux que rien", a réagi mercredi François Hollande à l'annonce du versement prochain d'une prime de 200 euros aux bénéficiaires du minimum vieillesse. Le Premier secrétaire du Parti socialiste a toutefois dénoncé "une méthode grossière" à "l'impact limité".

"Je me dis que c'est mieux que rien d'abord, que la pression des municipales ne doit pas être étrangère à cette annonce", a déclaré M. Hollande lors de l'émission "Questions d'Info" sur LCP et France-Info. "En même temps, je trouve que la méthode est grossière et l'impact limité".

"Quand on rapporte ces 200 euros à ce que sera mensuellement l'augmentation du minimum vieillesse, on s'aperçoit que c'est 16 euros par mois. Et quand on le rapporte à la journée (...), c'est 50 centimes d'euros par jour".. "Et quand on regarde le nombre de bénéficiaires, ce sont les 600.000 qui touchent aujourd'hui le minimum vieillesse, ce ne sont pas les 3,5 millions qui sont ce qu'on appelle les petites pensions, pas davantage les veufs et veuves qui touchent des pensions de réversion".

Avec AP

Jeudi 7 février 2008
 

François Rebsamen

Betapolitique est heureux de vous présenter la version complète de la tribune de François Rebsamen, numéro 2 du PS, partiellement publiée par le journal Le Monde daté du 5 février 2008.

Poursuivi par son désir frénétique de tout changer en France, le Président de la République s’attaque maintenant à nos institutions. Il devrait transmettre au Conseil des ministres ainsi qu’aux responsables des partis politiques un avant projet de loi de réforme constitutionnelle. L’opposition, pourtant concernée au premier chef, n’a pas pu, à ce jour, prendre connaissance du projet détaillé. Son avis n’aurait-il donc aucun intérêt ? Curieuse conception de la transparence politique et des droits des citoyens ! On en reste donc encore aux suppositions, aux conjonctures ou aux devinettes.

Quels sont les objectifs affichés du projet présidentiel ? Le Premier ministre, chargé d’expliciter le futur texte devant le quotidien « Le Monde »le 20 décembre dernier, a fait part du souhait du Gouvernement d’accorder de nouveaux pouvoirs au Parlement et de « donner des fondements constitutionnels aux droits de l’opposition ». En bref, il s’agirait de mettre le droit en rapport avec le fait, en une forte image, « de donner un coup d’oxygène à notre démocratie ». Rien que louable en apparence.

A la lecture des informations transmises par Matignon, on est plutôt en droit de se demander s’il ne s’agit pas, en fait, de « porter » un coup à notre démocratie.

On se souvient que dans sa lettre à Edouard Balladur datée du 12 novembre 2007, Nicolas Sarkozy avait constaté que la commission présidée par l’ancien Premier ministre « confirmait la pertinence de ses analyses » sur les institutions, et l’on s’apprêtait déjà au pire.

Certaines craintes se sont heureusement dissipées depuis, avec l’abandon surtout de la modification préconisée des compétences respectives du Président et du Premier ministre aux articles 5,20 et 21 de la Constitution, dont le Président a préféré in fine ne pas s’embarrasser.

Que reste t-il alors des priorités de la Commission Balladur ? Le document remis par le Premier ministre à la presse met en scène quelques propositions qui appellent débat, comme le droit pour le Président de la République de s’exprimer aux tribunes de l’Assemblée nationale et du Sénat, une réforme partielle de l’article 16, l’encadrement de l’usage de l’article 49.3 de la Constitution, le quinquennat renouvelable une fois seulement et la co-maîtrise de l’ordre du jour du Parlement. On y trouve aussi quelques dispositions qui font régresser la démocratie, comme la réforme de l’article 88-5 qui restreint le droit du peuple à s’exprimer par référendum ; et quelques nouveautés plus cosmétiques, sur l’impartialité de l’Etat, le meilleur fonctionnement parlementaire (l’augmentation du nombre des commissions parlementaires permanentes) et le contrôle de la politique de l’Union Européenne. A peine peut-on se réjouir d’une avancée réelle, l’exception d’inconstitutionnalité. Au fond, il reste surtout beaucoup de questions sur les objectifs réels du Président de la République et l’on en vient naturellement à sa demander ce que recherche vraiment, en l’espèce, Nicolas Sarkozy.

Il était logique de penser, le Président occupant déjà, sous la Vème république, la place prééminente que nulle institution ne lui dispute, que ce soit les pouvoirs du Parlement qu’il convenait donc de renforcer. Or, à la lecture de ces propositions, la réalité apparait toute autre. Et il nous faut nous rendre à l’évidence, nous résoudre à la triste vérité qui s’offre à nos yeux ; Nicolas Sarkozy n’a qu’un seul but : être seul au-dessus de tous, pouvoir se montrer partout, être au centre de tout !

Césariste dans l’âme, ou plus exactement en diable, il s’étonnait, il y a quelque temps, d’être obligé d’envoyer ses conseillers aux réunions d’arbitrage à Matignon pour contrôler l’action des cabinets ministériels, faisant remarquer qu’il lui serait tellement plus simple de convoquer ses ministres à l’Elysée, et de procéder directement aux arbitrages. Aujourd’hui, alors qu’il est, tous les jours, sur toutes les chaînes de télévision, sur toutes les ondes, dans tous les journaux, tous les magazines et les divers médias, il lui parait inconcevable et insupportable de ne pas avoir le droit de s’exprimer, comme il le veut et quand bon lui semble, devant le Parlement. Les Chefs d’Etats étrangers, fait-il remarquer, s’expriment devant les assemblées et ce droit me serait refusé. Et l’on écoute encore, dans l’hémicycle, mes messages debout. Voilà, conviendrez-vous, qui est anachronique et mérite un bon dépoussiérage ! Pour faire bonne mesure, le Président veut se faire écouter du Parlement selon son propre choix. Il ne s’expose pas à un vote, il ne s’oblige pas à répondre, mettant ainsi ses pas dans ceux du Président Félix Faure : « Le Président de la République écoute, mais ne répond jamais ! ».

Qu’importe que ces désirs et ce caprice soient contraires à la règle fondamentale de séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif, connue depuis Montesquieu : l’omniprésence et l’ubiquité doivent être ses marques distinctives, au même titre que l’hyperactivité !

Il nous va falloir répondre et réagir. Nous ne pouvons bien évidemment pas accepter que le Parlement se dessaisisse des clefs de l’hémicycle au profit de l’Elysée. Il nous faudra tenir bon sur les principes intangibles de l’esprit et de la règle parlementaristes : le Président ne pourrait être autorisé à intervenir devant le Parlement que si l’Assemblée ou le Sénat en décident ainsi, le lui demandent, et selon les modalités qu’ils auront déterminées. Le pouvoir parlementaire ne se négocie pas. La vraie réforme du Parlement réside ailleurs, dans l’introduction d’une vraie dose de proportionnelle dans l’élection des députés et sénateurs.

D’autres propositions doivent être fraîchement reçues et âprement combattues, si le Président de la République essaye de les imposer.

Ainsi en est-il du « défenseur des droits fondamentaux » : idée qui peut paraître à quelques uns comme un paradoxe subtil et séduisant dans une République qui, depuis deux siècles, se présente et se définit comme celle des droits de l’homme ! En vérité, nous ne pouvons accepter le dessein inavoué et dissimulé de démanteler deux organes collégiaux qui ont osé commettre le crime de lèse majesté de garder leur liberté de penser, la CNIL, autorité reconnue au niveau européen pour la protection des données à caractère personnel, et la Commission de Déontologie de la Sécurité. Quant à la Défenseure des droits de l’enfant, c’est la disparition dont il s’agit. Notre acceptation sur ce point ne pourrait donc qu’être conditionnée par le maintien d’une structure collégiale, l’octroi de moyens de fonctionnement plus importants que ceux dont disposaient les différentes entités fédérées (afin d’accroître leur capacité d’instruction) et l’accord du Parlement sur les nominations des personnalités concernées.

Nous rappellerons au Président, lorsqu’il parle de renforcer les pouvoirs du Conseil Constitutionnel, qu’il convient d’en faire une juridiction indépendante, qu’il doit confier au Parlement le soin d’en nommer la majorité des membres, et que nous sommes favorables à la saisine directe du Conseil Constitutionnel par les citoyens.

Nous rappellerons notre vœu d’une « Charte de la Laïcité », adossée à la Constitution, pour que soient respectés les principes républicains dans tous les lieux publics.

Nous rappellerons au Président, à propos des fondements constitutionnels des droits de l’opposition, toutes les promesses du « candidat Sarko » pour un véritable statut des groupes minoritaires au Parlement, le renforcement du financement des partis politiques ou l’élargissement du droit d’enquêtes parlementaires, ainsi que nos propositions pour une démocratie plus vivante, plus directe et plus sociale.

Nous rappellerons aussi au Président, lorsqu’il s’en prendra au système judiciaire, combien la réforme Balladur de 1994 était plus audacieuse à l’époque, que la sienne aujourd’hui, que la gauche n’abandonnera pas la réforme votée par les deux chambres en 2000, et qu’elle continue de se battre pour une justice plus responsable, plus indépendante et plus respectueuse des libertés.

Nous rappellerons enfin à Nicolas Sarkozy qu’il avait promis à nos concitoyens de leur octroyer le droit de provoquer l’examen d’un texte au Parlement par référendum populaire ; et qu’il oublie sans cesse son autre promesse, qui serait pourtant bienvenue aujourd’hui, de protéger les français – en inscrivant le principe de confiance légitime dans la Constitution – contre l’insécurité et « les changements brutaux et intempestifs de la réglementation »…

On l’aura bien compris : le dérèglement de notre système constitutionnel est à son comble et nous voilà revenus aux tristes heures du Césarisme. Il va falloir s’y opposer, au nom de la démocratie et de la liberté. Il va falloir se battre parce que la République, c’est plus que des institutions, c’est un ensemble de valeurs partagées, comme la lutte contre les discriminations et contre l’intolérance, l’intégration de tous dans la vie économique et sociale, l’idéal de fraternité ou le respect de certains principes fondamentaux, comme l’égalité et la laïcité. Il faudra parler fort, et être entendus ! Parce que c’est notre devoir de citoyen, d’élu et de parlementaire, et que je ne voudrais pas que l’on écrive un jour de cette période, ce qui a pu être écrit de la première législature du second Empire : « L’histoire dira, si elle prend la peine de s’en occuper, quels furent son infatigable complaisance et son incroyable abaissement ! ».

Betapolitique

 

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