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Lundi 7 avril 2008

Les anti-OGM ont marqué un nouveau point lundi à l'Assemblée avec l'adoption d'un amendement qui garantit la liberté d'expression des membres du Haut Conseil des biotechnologies.

L'amendement présenté par André Chassaigne (PCF) supprime l'alinéa 18 de l'article 2 du projet de loi, introduit par le Sénat. Cet alinéa interdisait les membres du Haut conseil, chargé d'évaluer les OGM, de prendre des positions publiques sur leurs travaux sans en avoir préalablement informé leur président.

Les anti-OGM étaient déjà parvenus la semaine dernière à faire voter plusieurs amendements destinés à protéger les cultures traditionnelles.

Le débat, ouvert mardi dernier, n'a pas beaucoup avancé lundi après-midi. Les députés ont adopté en fin d'après-midi l'article 2 du projet de loi. L'examen des articles 3 à 5, qui réglementent la coexistence des cultures OGM et non-OGM, a été réservé jusqu'à la fin de la discussion.

Compte tenu de ce retard, le vote solennel sur le projet de loi, prévu mardi après-midi, sera probablement repoussé à mercredi. AP

Dimanche 6 avril 2008

Professeur d'histoire-géographie dans un collège de l'ouest de la France, Bernard Girard nous a fait part de cette lettre ouverte adressée à Xavier Darcos, alors que la mobilisation dans le monde enseignant contre la réforme des programmes scolaires de l'école primaire ne faiblit pas.

Monsieur le Ministre,

La réforme de l'enseignement primaire que vous avez annoncée il y a peu suscite un peu partout une vive opposition, portant aussi bien sur le fond -le contenu du projet- que sur la méthode adoptée pour la
faire passer. Et si aujourd'hui, quelques jours après son lancement à l'initiative de professionnels de l'éducation, enseignants, éducateurs, pédagogues, chercheurs mais aussi parents, une pétition a déjà reccueilli près de 20 000 signatures vous demandant de revenir sur votre réforme, il doit bien y avoir une raison.

Les reproches adressés portent en premier lieu sur un appauvrissement sans précédent des contenus de l'école primaire. Sous le prétexte d'en revenir aux 'fondamentaux", aux "bases" qui, paraît-il, feraient cruellement défaut aux élèves, on restreint les procédés d'enseignement à de simples rudiments, procédés mécaniques et répétitifs, incapables à eux seuls d'assurer des apprentissages efficaces. Ce que, déjà en son temps, déplorait Jules Ferry:

"Aux anciens procédés qui consument tant de temps en vain, à la vieille méthode grammaticale, à la dictée -à l'abus de la dictée-, il faut substituer un enseignement plus libre, plus vivant, plus substantiel." (Discours du 2 avril 1880.)

Un Jules Ferry dont se réclament, sans manifestement le connaître, les partisans du retour à l'école du passé, et qui doit se retourner dans sa tombe à la lecture de votre projet. L'inefficacité de ces méthodes est d'autant plus prévisible que l'on envisage maintenant de faire revenir les élèves en difficulté à l'école... sur le temps de vacances, forme de stigmatisation des plus faibles, dénoncée rigoureusement comme une hérésie par tous les spécialistes des rythmes scolaires.

Réciter, répéter, recopier... est-ce cela, enseigner?

Tout occupés à réciter, répéter, recopier, refaire, les élèves se verront interdire les chemins de la
connaissance et du savoir. L'histoire, la géographie, l'éducation civique, par exemple, disparaissent pratiquement du cursus primaire, remplacées par la simple récitation de quelques dates, de noms de fleuves, de maximes, tirés d'une liste vide de sens pour de jeunes enfants. Quant au sang impur qui abreuve les sillons, on doute qu'il soit suffisant pour former des citoyens critiques et éclairés. Mais ce n'est sans doute pas là, non plus, l'objectif de ces programmes.

On s'interroge également sur les raisons qui vous poussent à supprimer, toutes affaires cessantes, les programmes actuels de l'école primaire, programmes qui ne remontent nullement à Mai 68, comme on voudrait le faire croire, mais à 2002, programmes approuvés et cosignés par vous-même alors que vous étiez ministre délégué de l'Education nationale.

Ces programmes, déjà modifiés à la rentrée 2007, tout juste rentrés en application, n'ont encore jamais été évalués. Pourquoi, dans ces conditions, vouloir les rendre responsables des dysfonctionnements inévitables d'un système éducatif, qui, par nature, doit de toute façon s'adapter à son temps?

Dans un même ordre d'idées, il faut rappeler qu'en 2005, le Parlement adoptait, après un long débat public, la loi d'orientation sur l'école (loi Fillon) avec en son coeur un socle commun de connaissances et de compétences, censé servir de ligne directrice à tout le système éducatif pour une quinzaine d'années.

A l'école primaire, cette loi qui n'a pas encore reçu le moindre début d'application, se voit par votre projet de réforme, jetée aux oubliettes. Et moi qui croyais, bien à tort, sans doute, qu'en démocratie, la fonction d'un ministre était de faire appliquer les lois votées par le Parlement... Pourquoi, donc, cette précipitation à vouloir mettre en œuvre une réforme bâclée et jamais discutée?

Du "populisme scolaire" en pleine campagne électorale

Est-ce un hasard si cette réforme a été annoncée en pleine campagne électorale, comme s'il s'agissait, en brodant sur le thème de l'école d'autrefois, une école mythique qui n'a jamais existé, de s'attirer les suffrages d'un électorat âgé, très peu au courant des enjeux éducatifs réels ? Dans ces conditions, votre réforme s'apparenterait fort, monsieur le Ministre, à ce que deux de vos prédécesseurs appelaient, il y a peu, un "populisme scolaire".

Enfin, une question demeure sans réponse: alors que le Conseil national des programmes a été supprimé, on ne sait toujours pas par qui, sur quels critères, après quelles analyses, quelles consultations, les
nouveaux programmes ont été rédigés. Autour de vous, ces derniers mois, on a beaucoup vu d'éminents linguistes, de savants mathématiciens, des pamphlétaires à la mode, moustachus ou non, d'autres sans doute, que vous avez qualifiés de "scientifiques".

En revanche, on n'a jamais vu d'enseignants, de pédagogues, d'éducateurs, de professionnels de l'éducation. Une chose est sûre: ces programmes ont été élaborés dans le plus grand secret, en grande hâte, à la sauvette pourrait-on dire, par des gens sans doute infiniment respectables mais dont on pressent qu'ils n'ont jamais dû mettre les pieds dans une école primaire depuis bien des années.

Une concertation en cours, alors que les manuels sont déjà imprimés

Pour faire bonne mesure, vous avez organisé dans l'impréparation la plus totale un semblant de concertation au niveau des établissements, mais dans des conditions matérielles unanimement dénoncées.

On ne dira rien de la consultation "grand public" que vous avez cru bon lancer sur internet par l'intermédiaire d'un organisme de sondage, consultation dont l'amateurisme, le manque de sérieux sont
proprement affligeants: chacun peut s'y exprimer autant de fois qu'il le veut, sans avoir à décliner son identité ni son adresse e-mail, à condition d'être âgé de 8 ans et plus...

Pour juger de la portée de cette concertation et de ce qu'on peut en attendre, il faut quand même préciser que les établissements ont reçu depuis quelques jours des éditeurs les nouveaux manuels scolaires estampillés "conformes aux nouveaux programmes 2008", alors que ces programmes sont censés être en cours de discussion. Compte tenu des délais de préparation d'un manuel, il apparaît donc que les programmes et la réforme du primaire ont été arrêtés depuis déjà plusieurs mois et que la "concertation" n'est qu'un leurre.

Dans ce contexte de lourde défiance et de profond mépris envers les personnels de l'éducation pensez-vous réellement, monsieur le Ministre, pouvoir réduire l'échec scolaire, ce qui est notre objectif à tous?

Samedi 5 avril 2008

Un homme d'une vingtaine d'années, d'origine malienne, s'est jeté dans la Marne, à Joinville-le-Pont, pour échapper à un contrôle de police. Le réseau éducation sans frontières appelle à manifester ce samedi à 14h30, place d'Italie à Paris.

 

 

(c) Reuters

 

Un homme sans-papiers âgé d'une vingtaine d'années est décédé vendredi 4 avril après-midi à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) après avoir tenté d'échapper à un contrôle de police, a-t-on appris de source policière.
Après s'être jeté dans la Marne, l'inconnu avait été transporté dans un hôpital parisien. Une autopsie devrait permettre d'établir les causes de cette mort.
Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect avait été interpellé dans la station RER alors qu'il souhaitait prendre un train sans titre de transport. Alors que des policiers de la Bac tentaient de le contrôler, l'individu a pris la fuite et s'est jeté ensuite à l'eau.

Appel à manifester

D'après sa carte de transport, il serait de nationalité malienne et en situation irrégulière. Mais la police devait établir avec certitude son identité. L'inspection générale des services (IGS), la police des polices, a été chargée de l'enquête.
Le réseau éducation sans frontières (RESF) appelle à manifester ce samedi à 14h30 à Paris, place d'Italie, pour protester contre "cette politique du chiffre qui génère tant d'angoisse et provoque tant de drames". "Non à la xénophobie d'Etat et à ses conséquences meurtrières!", dénoncent RESF et le collectif "UniEs contre une immigration jetable" dans un communiqué. (AP)
Source Nouvel Obs
Jeudi 3 avril 2008


Le PS et son organisation de jeunes militants, le MJS, ont réclamé mercredi "l'interdiction du répulsif anti-jeunes", un boîtier diffusant des ultra-sons perceptibles uniquement par l'ouïe des jeunes.

Selon le PS, sous prétexte "d'empêcher les regroupements de jeunes, par exemple dans les cages d'escalier, dans la rue ou devant des commerces (...), ce type de dispositif tend à criminaliser la jeunesse, en assimilant tous les jeunes à des voyous ou des délinquants".

"Aujourd'hui, de manière encore plus discrète, des collectivités, des bailleurs ou des syndics s'apprêtent à mettre en place" ce dispositif, s'inquiète le secrétaire national Vincent Léna dans un communiqué.

"Il s'agit d'une stigmatisation supplémentaire pour les jeunes des quartiers populaires, à qui ce dispositif infamant est principalement destiné", proteste M. Léna en demandant au gouvernement "d'interdire la commercialisation" de ce "répulsif".

De son côté, le Mouvement des jeunes socialistes déclare dans un communiqué que "l'existence d'un tel objet est en soi abjecte et choquante". "Qu'aurait-on dit si on avait inventé un boîtier anti-aînés ?", argumente-t-il.

Selon le MJS, "le traitement répressif des problèmes de la jeunesse est une fuite en avant perpétuelle à laquelle la droite donne sans cesse de nouveaux départs".

"Dans cette affaire, le gouvernement est responsable. Responsable de laisser faire la vente libre d'un outil aussi dangereux pour nos droits et nos libertés", concluent les Jeunes socialistes qui disent étudier "les moyens juridiques d'obtenir l'interdiction de la vente du répulsif anti-jeunes en France".

Source : AFP


Jeudi 3 avril 2008



L'agence de presse colombienne ANNCOL, proche des Farc, déplore "que le président Sarkozy soit aussi ingénu et que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) accompagne cette aventure dangereuse". La mission humanitaire franco-hispano-suisse est arrivée en Colombie, sans accord préalable avec la guérilla.

L'agence de presse colombienne ANNCOL, proche des Farc, a qualifié jeudi 3 avril "d'ingénu" le président français Nicolas Sarkozy, en commentant sa décision d'envoyer une mission humanitaire pour secourir l'otage Ingrid Betancourt sans accord préalable avec la guérilla.
"Il faut déplorer que le président Sarkozy soit aussi ingénu et que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) accompagne cette aventure dangereuse", soutient ANNCOL.

"Où iront les délégués ?"

L'agence souligne "que le souvenir, que ce fut l'appel (téléphonique) de membres du gouvernement français (....) qui a permis de localiser le camp de Raul Reyes (le numéro deux de la guérilla) et de de le bombarder, est encore très frais".
Raul Reyes est mort le 1er mars dans une attaque de l'armée colombienne contre le campement de la guérilla établi en Equateur. La sénatrice colombienne Piedad Cordoba avait laissé entendre le 19 mars que le camp des Farc avait été localisé grâce à un appel d'un émissaire français, ce que l'ambassade de France a catégoriquement démenti par la suite à Bogota.
"Nous ne savons pas si les Farc ont connaissance de la mission", indique l'agence soulignant que dès qu'ils en auront connaissance, les chefs rebelles "avanceront avec des pieds de plomb".
"Nous ne devons pas oublier que la France est un pays capitaliste, que son président est de droite (......) et que nous ne savons pas quelles sont les limites de la sincérité de Sarkozy", poursuit ANNCOL.
L'agence affirme également que "les coordonnées (permettant de localiser Ingrid Betancourt) ne sont pas parvenues" aux délégués de la mission française.
"Où iront les délégués du président français et les volontaires du Comité de la Croix-Rouge internationale (CICR)?, Qui leur donnera les coordonnées?, Qui les recevra?", s'interroge ironiquement ANNCOL.
La mission française a été lancée au lendemain d'un nouvel appel solennel de Nicolas Sarkozy pour que la guérilla marxiste libère l'otage franco-colombienne que le chef de l'Etat a décrite comme en "danger de mort imminente".

La mission humanitaire est arrivée

Jeudi, l'avion de la mission humanitaire lancée par la France pour tenter de venir en aide à Ingrid Betancourt est arrivé en Colombie, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP. Interrogée sur la possibilité pour cette mission d'entrer en contact avec Ingrid Betancourt, cette source a répondu: "nous n'avons pas de réponse des Farc", les Forces armées révolutionnaires de Colombie (guérilla marxiste) qui la détiennent en otage depuis plus de six ans.
L'avion, un Falcon 50, avait fait escale un peu plus tôt à Fort-de-France. De quatre à cinq personnes en étaient descendues alors que l'appareil était ravitaillé en carburant.

Tractations

L'envoi de cet avion médicalisé est l'aboutissement de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines de tractations intenses, alors que plusieurs témoignages ont fait état d'une aggravation de l'état de santé d'Ingrid Betancourt.
L'état de santé de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage des Farc, est très grave, a confirmé, mercredi 3 avril, la sénatrice colombienne Piedad Cordoba. "Ingrid est dans un état grave", a-t-elle indiqué à des journalistes, en sortant du Congrès.
"L'ambassade de France a demandé une intervention", a précisé la sénatrice, qui négocie avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) en faveur d'un échange entre otages de la guérilla et guérilleros emprisonnés.
Selon la sénatrice, l'ambassade de France "est très préocuppée" par la santé de l'ex-candidate à l'élection présidentielle.

Secret

L'ancien mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye a estimé jeudi que la mission humanitaire devait se poursuivre "dans le secret".
"Tout cela a été fait dans le plus grand secret, il faut que cela continue, parce que c'est la meilleure solution pour approcher les Farc", a estimé l'ex-mari de l'otage franco-colombienne sur BFMTV et RMC-Info.
"Le premier objectif de cette mission, c'est de réussir à approcher Ingrid et de la soigner. (...) Par la suite, on espère que les émissaires pourront avoir la possibilité de discuter avec les Farc et envisager la sortie d'Ingrid de la jungle", a-t-il expliqué.
"Se trouvent à bord de l'avion véritablement les professionnels, les meilleurs (...) que ce soit au niveau médical ou que ce soit les gens capables de discuter avec les Farc", a jugé Fabrice Delloye.

Risques

"Je suis admiratif de ces gens qui vont prendre des risques considérables, et qui sont présents pour nous aider", a-t-il salué, rappelant que Le Guaviare, la région où se trouverait Ingrid Betancourt et où l'avion de la mission doit atterrir, "fait partie des zones de guerre en Colombie", avec des "paramilitaires", "des mines", "des risques de bombardement", où les moyens de déplacements se font par "les fleuves". "S'enfoncer dans la jungle dans cette région, c'est extrêmement périlleux", a-t-il souligné.
"C'est dans cette zone que se trouverait Ingrid, mais elle pourrait être dans des zones adjacentes", a-t-il précisé. Il y avait selon lui, "une accumulation de témoignages prouvant qu'elle a été vue dans ces zones, qu'elle aurait été soignée dans des dispensaires qui sont dans la zone de San José de Guaviare", une zone aussi "que les Farc connaissent extrêmement bien" et "où ont été libérés les otages en janvier et février".
Source : Le Nouvel Obs

 

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