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 Réunion fédérale de présentation des motions
le 20 octobre à 20h30 Auditorium (salle Saintonge)
à Saintes

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Vote dans toutes les sections le 6 novembre 2008

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espace dédié au congrès de Reims (motions, mais aussi contributions, calendrier...).

 

     

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Mardi 5 février 2008

La République française est en danger ! Sa constitution la définit comme "indivisible, laïque, démocrate et sociale". Or, depuis l'avènement de Nicolas Sarkozy au pouvoir, ont déjà été mis à mal son caractère social, par sa politique au service des privilégiés quand la majorité du peuple souffre, ainsi que son caractère démocratique, à travers le tour de passe-passe de la ratification du traité de Lisbonne par la voie parlementaire, pour passer outre le verdict des urnes du référendum de 2005. Jamais deux sans trois : au tour de la laïcité d'être gravement menacée. Seule une mobilisation populaire pourra empêcher que la "rupture" soit celle d'avec tout ce qui fonde notre République !

CPS_HXT24_130108171929_photo00_photo_default_512x339"Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme. Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes. Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d’humilité et d’amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect" : de qui, ce prêche fervent ? Benoît XVI ? Perdu ! Ce passage est extrait du discours adressé par Nicolas Sarkozy au Conseil consultatif saoudien le 14 janvier 2008 (nous vous en parlions dans Politique de civilisation : le modèle saoudien !). Qu'on mesure la gravité de la chose : Sarkozy s'exprime en tant que Président de la République française, or celle-ci se définit dans sa Constitution comme "une République indivisible, laïque, démocrate et sociale". Le Président d'une république laïque n'a pas à définir ce qu'est "Dieu", et encore moins à affirmer qu'il "est dans la pensée et le cœur de chaque homme". Un tiers de la population française se déclare sans religion : nous récusons le droit au représentant de tous les Français de tenir de tels propos, aussi scandaleusement orientés.  Ils constituent une véritable offense aux convictions des libres penseurs de ce pays - dont nous sommes.
"Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur", a encore déclaré cet homme qui, depuis l'Elysée, s'acharne à dévoyer ce qu'est la République française. Comment ose-t-il ? Nous ne sommes du reste pas seul choqué : un sondage OpinionWay, organisme dont le résultat des enquêtes vole d'ordinaire au secours du chef de l'Etat, indique que 73% de nos compatriotes sont en désaccord avec ces propos ! Ce Président s'apprête pourtant à promouvoir ce qu'il appelle "laïcité positive", qu'il définit ainsi : "une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que 813438_996075les religions sont un danger, mais plutôt un atout". Mille fois non ! La laïcité est neutralité et indifférence envers le fait religieux, autorisé dans la sphère privée mais n'ayant pas à interférer dans la chose publique (res publica). Prétendre que les religions sont un atout est un scandaleux parti-pris, une violation des principes fondateurs de la République. Henri Pena-Ruiz, philosophe, professeur, écrivain et ancien membre de la commission Stasi sur l'application du principe de laïcité dans la République,
dans une tribune publiée par Le Figaro du 3 janvier, met le doigt sur ce qu'il dénonce comme une faute politique : "Tout se passe comme si M. Sarkozy était incapable de distinguer ses convictions personnelles de ce qui lui est permis de dire publiquement dans l'exercice de ses fonctions, celles d'un président de la République qui se doit de représenter tous les Français à égalité, sans discrimination ni privilège."

Benoit_16En outre, ce concept de "laïcité positive", que Sarkozy s'est approprié, n'est pas de lui mais du... pape ! Jean-Luc Mélenchon, le sénateur socialiste de l'Essonne, a en effet donné une conférence devant le Grand Orient de France, intitulée Le discours de Latran de Nicolas Sarkozy contre la laïcité, analyse et réplique, dans laquelle il taille méthodiquement en pièces les arguments sarkozistes. Le texte en est disponible sur son blog, et il y exhume ces propos de Benoît XVI, tenus dans un message au Président du Sénat italien en octobre 2005 : "Un Etat sainement laïc devra logiquement reconnaître un espace dans sa législation à cette dimension fondamentale de l’esprit humain. Il s’agit en réalité d’une “laïcité positive” qui garantisse à tout citoyen le droit de vivre sa foi religieuse avec une liberté authentique y compris dans le domaine public". Voilà donc que Sarkozy, sans le dire, reprend exactement l'argumentaire du pape ! Les conceptions du souverain pontife doivent-elles gouverner la France ? Il est temps de se mobiliser pour empêcher que nos gouvernants ne parviennent à mettre en œuvre ces sinistres visées. Parce qu'on y est : la ministre de l'Intérieur et des Cultes, Michèle Alliot-Marie, tire les conséquences du discours présidentiel et annonce qu'elle va, conformément à ses souhaits, "aménager" la loi de 1905 sur la laïcité, au motif que "la société a changé" et que "certaines modalités de la loi, qui créent des entraves à l’exercice des cultes, doivent être adaptées". Elle donne un exemple : la séparation entre associations cultuelles et culturelles "mérite sans doute d’être revue". En clair, l'Etat n'a aujourd'hui pas le droit de subventionner le culte, à la différence de la culture. La modification prévue vise à lui permettre de financer les associations religieuses. Logique, puisqu'à en croire Sarkozy, les religions sont "un atout". Une arrière-pensée bien présente dans la manœuvre consiste également à permettre d'intégrer les sectes, en leur accordant le statut de culte, et l'on medium_tomcruise_et_sarkozy_en_2004pense en premier lieu à la prétendue "église" de scientologie. "Nous avons probablement besoin de repréciser ce que sont les dérives sectaires et leurs qualifications pénales", lâche ainsi Alliot-Marie en guise de piste. Il se trouve qu'on sait que Sarkozy, ici en photo avec Tom Cruise, prosélyte en chef de la secte créée par l'écrivain de science fiction raté Ron Hubbard, a déjà par le passé fait preuve d'une coupable indulgence envers la scientologie. En commençant par la réception de l'acteur-adepte à bras ouvert à Bercy en août 2004, lorsque Sarkozy était ministre de l'Economie. Signalons aussi que dans son ouvrage La République, les religions, l'espérance (Editions Cerf, 2004), Nicolas Sarkozy plaidait dans son dernier chapitre, consacré aux sectes, pour la reconnaissance des "nouveaux mouvements spirituels". Ajoutons enfin que la défunte émission d'investigation de Canal +, 90 minutes, notait que le premier passage du Président au ministère de l'intérieur avait coïncidé avec un relâchement de la surveillance autour de la scientologie, marqué par exemple par la mise à l'écart d'un les_religions_bouquin_sarkopolicier spécialement chargé du dossier. Visiblement mal à l'aise, Sarkozy avait expliqué ne pas avoir d'opinion arrêtée sur la secte, pourtant maintes fois dénoncée !

Sarkozy a promis de ne pas toucher aux "grands équilibres" de la loi de 1905, en se gardant bien de préciser lesquels. En quoi pourrait donc consister la modification de la loi qu'il entend mettre en œuvre ? "Qui fixe ce qui est de l’ordre des grands équilibres et ce qui ne l’est pas ? Ce travail a été fait à la demande de Nicolas Sarkozy alors ministre de l’intérieur, explique Jean-Luc Mélenchon dans sa conférence. Il est l’objet du rapport sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics qui lui a été remis le 20 septembre 2006 par monsieur Machelon". Et le sénateur socialiste d'égrener les possibles mesures que Sarkozy imposerait : "Par exemple le rapport propose d’autoriser les communes et leurs groupements à subventionner directement la construction de lieux de culte et cela sans plafond en modifiant la loi de 1905 et le code général des collectivités locales. Il propose de prévoir des espaces spécifiques réservés aux lieux de culte dans les documents d’urbanisme. Il suggère de confier aux préfets la mission de veiller à ce que les cultes ne rencontrent pas de difficultés dans leur implantation sur certaines communes. Cela notamment en étendant le recours au déféré préfectoral contre les communes concernées devant le tribunal administratif. (…) «De nos jours, les collectivités publiques financent des milliers d’associations... Pourquoi seules les associations cultuelles ne recevraient-elles aucune aide ?» s’était interrogé en 2004 le futur président de la république dans son livre La République, les religions et l’espérance. Le rapport m_lenchonMachelon tape fort sur ce point. Il propose une prise en charge par l’impôt du financement des associations religieuses. Pour cela il faudrait bien sûr «assouplir» le régime des associations cultuelles et faciliter leur financement en étendant le bénéfice de ce régime à des activités non couvertes aujourd’hui. «Je continuerai à plaider avec force, mais sans prosélytisme, pour l’instauration de nouveaux rapports entre les religions et les pouvoirs publics (...) Je suis convaincu qu’il faut prendre en compte le fait spirituel et l’importance de la question religieuse» avait déclaré Nicolas Sarkozy dans son livre sur la place de la religion en République en 2004. A présent, nous savons comment il compte s’y prendre et quel sens revêt ce programme à toutes les échelles, depuis l’ordre mondial (à travers la «politique de civilisation» qui implique l’adhésion à la théorie du choc des civilisations entre islam et Occident, Nda) jusqu'à la définition de l’identité de chacun", conclut Mélenchon.

Une France communautariste, qui subventionne les cultes et les sectes, voilà la république qui nous est promise par le Président et sa clique. Alliot-Marie a beau prétendre : "il n'est pas question de rouvrir des querelles qui ont profondément divisé notre pays", c'est bien de cela qu'il s'agit justement. Et puisqu'il va falloir se battre pour défendre la laïcité républicaine, ils vont l'avoir, leur guerre !

Par Olivier BONNET Pour Plume de Presse

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Mardi 5 février 2008

A un mois des élections cantonales des 9 et 16 mars, les députés ont adopté mardi une proposition de loi UMP qui permet aux parlementaires déjà détenteurs d'un mandat local et élus conseillers généraux d'être remplacés par leurs suppléants.

Ce texte proposé par Jean-Luc Warsmann, président UMP de la commission des lois, vise officiellement à remédier à une insuffisance de la loi du 31 janvier 2007 sur la parité. Ce texte a institué pour les élections cantonales un ticket mixte formé par le candidat et son remplaçant, chacun devant être de sexe différent.

Dans un certain nombre de cas prévus par la loi (décès, cumul des mandats), lorsque le poste de conseiller général devient vacant, le titulaire est remplacé par son suppléant de l'autre sexe sans qu'il soit besoin d'une élection partielle.

Mais une élection cantonale partielle doit continuer à avoir lieu lorsqu'un parlementaire détenteur d'un mandat local (maire, conseiller régional...) est élu conseiller général et décide de renoncer à ce dernier mandat. La proposition de loi UMP vise à combler cette lacune.

La gauche a dénoncé un texte contraire à la tradition républicaine qui interdit de modifier le code électoral relatif à un scrutin pour lequel la campagne est déjà commencée. Les socialistes, qui ont voté contre, soupçonnent l'UMP de vouloir permettre par cette loi à des parlementaires de se présenter aux cantonales pour démissionner ensuite. Ils serviraient ainsi de "locomotives" dans des départements où la majorité de droite est menacée.

Le texte sera examiné dès mercredi au Sénat.

Avec AP


Mardi 5 février 2008

Education et Politique (blog)

Pourquoi les contribuables devraient financer les outils d'Arcelor-Mital alors que cette entreprise fait des bénéfices et que son patron va toucher, au titre des dividendes pour 2007, 600 Millions d'Euros ?
Mardi 5 février 2008
  

Christian Sautter


Ainsi, le rapport Attali a osé s’attaquer aux taxis. Chacun sait que le nombre insuffisant de taxis et la médiocre qualité de leur service sont une disgrâce pour Paris et, probablement aussi, pour les autres métropoles françaises. Les étrangers bougonnent et les citadins n’ont guère l’idée d’emprunter un mode de transport aussi aléatoire. La raison tient au fait que les sociétés et les artisans doivent acheter une licence d’exploitation, dont la rareté fait le prix. Nous sommes donc en face d’une corporation de l’Ancien Régime.

La décision 211, qui fait partie des 316 décisions proposées par la « Commission pour la libération de la croissance française » (Documentation française, 2008), entend trancher le nœud gordien : « Augmenter le nombre de taxis », en accordant une licence gratuite aux milliers de candidats à l’exercice de cette belle profession. Le résultat évident serait de fortement dévaloriser les licences existantes, ce qui s’appelle une spoliation.

Une autre idée, plus juste mais très coûteuse, est de racheter l’ensemble des licences de façon à ouvrir complètement la profession. Mais pourquoi consacrer plusieurs milliards d’euros des contribuables à un tel usage, alors que l’argent public est si rare et que les besoins de l’éducation et de la recherche sont si pressants ? J’ai croisé une troisième idée que je trouve vraiment astucieuse. Elle consiste à donner une licence gratuite à tout détenteur actuel d’une licence. Le nombre de taxis doublerait et les artisans actuels conserveraient leur avoir, soit en exploitant deux taxis, soit en revendant, à moitié prix, la deuxième licence.

Descendons du taxi et examinons les 315 autres potions, en distinguant la forme et le fond. La forme est vraiment indigeste et il faut du courage pour lire de bout en bout ce catalogue de prescriptions. On comprend mal que 42 personnes aussi intelligentes et respectables aient produit un document aussi peu intelligible.

Il y a d’excellents blocs, par exemple sur l’enseignement supérieur et la recherche, où sont reprises des idées bien connues mais essentielles sur la nécessité de l’autonomie des établissements, y compris dans le recrutement et la rémunération des professeurs, sur le caractère impératif d’une évaluation extérieure des chercheurs, sur le regroupement de facultés et de grandes écoles en une dizaine de pôles d’excellence de taille mondiale. L’attaque en règle contre les pratiques de cooptation et de cloisonnement qui caractérisent le mandarinat universitaire est bienvenue. La loi Pécresse n’a fait que de premiers pas timides dans cette direction. Il faut consacrer à l’enseignement supérieur un effort financier comparable à ce qu’il est ailleurs en Europe et dans les pays anglo-saxons. Mais le rapport devient timoré lorsqu’il esquive le choix décisif entre le modèle américain où les frais d’inscription couvrent le fonctionnement de l’université (quitte à mettre en place un système généreux de bourses et à favoriser le travail à temps partiel des étudiants), et le modèle nordique où les frais d’inscription sont raisonnables et l’intervention publique beaucoup plus forte. Notons par ailleurs un très beau couplet sur les « Universités de métiers », sortes de Conservatoires des arts et métiers qui diplômeraient des techniciens et des ingénieurs, en formation initiale et aussi (et surtout ?) en formation continue.

Par contre, le chapitre sur les entreprises moyennes est peu imaginatif : création d’une Agence des PME (une agence de plus qui permettra à l’État de se mêler de tout). Il n’y a rien sur la question angoissante de la relève d’une génération d’entrepreneurs familiaux qui s’est mise au travail après la guerre et qui souhaite logiquement passer la main dans les années qui viennent : à qui ? Dans quelles conditions fiscales ? Rien non plus sur la création d’entreprises par les chômeurs ni, plus généralement, sur l’économie solidaire, au service d’hommes et de femmes en difficulté d’emploi ou en manque de services. À l’évidence, le marché libéré reconnaîtra les siens, ceux qui sont bien employables et ceux qui sont solvables.

Sur les grands secteurs d’activité, on en reste à des généralités. La technologie est l’avenir, mais la réflexion ne va guère au-delà des pôles de compétitivité. Si. Il est suggéré un « haut commissaire au développement numérique » qui laisse perplexe (proposition 63). L’idée des dix Ecopolis, villes ou quartiers de quelques dizaines de milliers d’habitants à créer d’ici 2012, claque joliment au vent. Paris s’est déjà lancé dans un tel projet sur le quartier des Batignolles.

Il arrive même à ce rapport qui se veut iconoclaste de respecter les vaches sacrées ! L’agriculture n’est qu’à peine effleurée, alors que c’est un gouffre à argent public et que l’essentiel de la rente agricole va à un nombre réduit de gros bénéficiaires.

Cessons de picorer ce copieux menu de réformes et faisons-lui trois critiques de fond. La première est que la longue ordonnance de médicaments ne s’appuie pas sur un diagnostic explicite sur la langueur récente de la croissance française. Ce travail a été fait, de façon remarquable, par un groupe d’économistes travaillant pour le Premier ministre : « Les leviers de la croissance française, Aghion, Cette, Cohen, Pisani-Ferry, Conseil d’analyse économique, Documentation française, septembre 2007), dont nous reparlerons. Le malade, face à un médecin muet sur sa leucémie, s’inquiète de recevoir une aussi longue liste d’antibiotiques.

La deuxième critique s’adresse au postulat selon lequel la croissance est un problème de gestion consensuelle qui transcende les clivages politiques. La droite et la gauche ne se sépareraient qu’au moment du partage du gâteau, que tout le monde aurait contribué à rendre plus grand. C’est une idée assez communément partagée, à droite comme à gauche, mais je pense qu’elle est fausse. La stagnation du pouvoir d’achat des salaires que l’on observe aux Etats-Unis comme en Europe a une influence certaine sur le dynamisme de la consommation et plus subtilement sur la progression de la productivité. La qualité du travail ne peut être stimulée uniquement par la peur du chômage. Elle mérite récompense, pas seulement au niveau des cadres supérieurs et dirigeants d’entreprises. Si les ouvriers japonais travaillent si bien, c’est aussi parce qu’ils sont bien payés.

La troisième critique est que le rapport est fondé sur une conception désuète de la croissance. Entre la mesure de la croissance marchande et celle du bonheur ineffable (l’Institut japonais où j’étais il y a près de quarante ans s’était essayé à calculer le « bien-être national net »), il y a le développement durable. Certes, il y a des propositions sympathiques sur le solaire, l’éolien, la voiture hybride, mais elles relèvent d’une approche sectorielle, essentiellement énergétique. Or, le développement durable n’est pas seulement un processus d’ajustement à un prix du pétrole plus cher, c’est un nouveau mode de production, de consommation, de répartition. Ainsi, quand le rapport Attali encourage les vols « low cost » (décision 104), il est carrément à contresens de l’histoire à venir.

Il est dommage que le rapport Attali ait mobilisé tant de talents pour si peu de résultats prévisibles. La faute en incombe au Président de la République qui s’était trop légèrement engagé à en reprendre toutes les conclusions. C’était un joli coup médiatique qui occuperait l’actualité une quinzaine de jours. Le problème est que les experts ont pris leur mission au sérieux et qu’ils vont être déçus par l’étrange coalition des conservatismes dénoncés et de la désinvolture au sommet de l’État. Le comportement du docteur Attali, du style « C’est à prendre ou à laisser », n’a, il est vrai, rien arrangé. Il aurait dû s’appuyer sur l’opinion publique qui déteste les prophètes patentés. Les citoyens avaient compris, en écoutant les deux candidats à l’élection présidentielle, qu’il fallait changer et ils étaient prêts à le faire, à condition qu’on leur explique pourquoi et comment et qu’on leur démontre que les sacrifices seraient équitablement partagés.

La Suède, la Finlande, l’Allemagne ne se sont réformées qu’à partir du moment où la crise a été vraiment ressentie par tous. Les Français avaient ce sentiment de crise en juin 2007. Ils ont perdu confiance aujourd’hui et font le gros dos en espérant être épargnés par les orages qui s’annoncent.

Mardi 5 février 2008

La chaîne devait lancer demain son opération séduction auprès des jeunes des quartiers. Sujet sensible. L’enquête de Mehdi et Badroudine.

TF1 et les cités, ça ne fait que commencer. La chaîne s’est débarrassée de captain Charles Villeneuve, préalable aux « négociations ». Du « Droit de savoir », on passe au droit de comprendre. Changement d’optique : le plan « éradication banlieues » fait place à un « plan banlieues » tout court, made in Bouygues. Enfin, en principe. Voici le programme.

Parlons des objectifs. Ceux de TF1, d’abord. Premièrement : envoyer Harry Roselmack, présentateur vedette du JT, à la rencontre de lycéens de banlieues, accompagné du directeur de l’info de la chaîne, Robert Namias, et de la présidente de la Fondation TF1 en charge de ce projet, Samira Djouadi. Grosso modo, l'enjeu, pour TF1, est le suivant : mieux expliquer son travail d’information pour mieux se faire accepter dans les quartiers. Ensuite, la chaîne va recruter des « talents » dans les cités pour les former, pendant deux ans, tous frais payés, aux métiers de la télévision (journaliste, cadreur, preneur de son, réalisateur, scénariste, etc.).

Passons à notre objectif : assister  avant la conférence de presse que TF1 devait donner demain pour exposer son propre « plan banlieues », finalement reportée en mars en raison de la présentation vendredi du « vrai »  plan banlieues par Nicolas Sarkozy  à la première rencontre entre des lycéens et le trio Roselmack-Namias-Djouadi. Ce n’est pas gagné. Serait-on face à un tabou ? Appel à la Fondation TF1 : « Nous n’avons invité aucun journaliste aux rencontres se tenant avant notre conférence de presse, nous indique-t-on. Ce n’est qu’après que les médias auront la possibilité d’y assister. »

Nous apprenons toutefois que la première de ces rencontres en catimini TF1-banlieues aura lieu le 21 janvier « dans un lycée de Cergy » (95). Nous remercions la personne de la fondation et poursuivons nos recherches, bien décidés à ne pas lâcher le morceau.
Nous contactons alors par téléphone les quelques lycées de Cergy pour essayer de savoir dans lequel les représentants de TF1 doivent se rendre. Nous tentons le lycée Galilée, lycée général. Au bout du fil, trois interlocuteurs se relaient. Aucun d’eux ne semble être au courant de quoi que ce soit. C’est foutu, premier échec ! Le 21 janvier passe.

Plus tard, nous apprendrons que c’est bien dans ce lycée que la délégation black-blanc-beur de la chaîne a réalisé sa première rencontre avec des BTS Communication d’entreprises. Nous retentons le coup :  « Allo, le lycée Galilée ? Bonjour Madame, pouvez-vous nous dire s'il vous plaît comment s'est passée la journée avec TF1 ? » La secrétaire de l’établissement nous assure qu'elle va transmettre notre demande. Elle prend note de notre numéro et ajoute avec sérieux : « Très bien, je le donne au professeur coordinateur de la journée, il vous contacte ce soir ou dans les jours suivants. » Nous n’aurons aucune réponse du lycée, du prof ni de personne d'autre. Même les élèves sont discrets. Rien ne filtre. Toujours ce vague, ce flou, ce brouillard.

Abandonner ? Sûrement pas. Nous avons l'intention de nous rendre au prochain « après-midi rencontre », mi-février, au lycée Jacques Brel de La Courneuve (93). Nous appelons l’établissement. La direction nous confie : « Nous faisons ça pour les élèves, il ne faut surtout pas prendre cette rencontre pour un partenariat avec TF1. » Nous inscrivons le rendez-vous de la mi-février sur nos agendas, impatients d’assister à cette confrontation entre la grande chaîne privée et des lycéens. A moins qu'il nous faille encore une fois attendre que la conférence de presse de TF1 ait eu lieu (en mars donc).

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah / Pour BONDY BLOG

 

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