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Mercredi 9 juillet 2008

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Communiqué d’Aurélie Filippetti, députée de Moselle et porte-parole du groupe socialiste à l’Aseemblée nationale, le 8 juillet 2008

« Monsieur Frédéric Lefèvre prend ses désirs pour des réalités : non, Ségolène Royal n’a pas « pété un câble », mais c’était bien l’objectif recherché par les barbouzes qui ont visité son appartement pour l’intimider.

Avec l’UMP de Sarkozy, on n’est plus dans la politique mais dans la vulgarité érigée en rhétorique. Dans la France de Nicolas Sarkozy, on peut désormais mettre à sac le domicile de la principale opposante politique et cela ne déclenche que l’hilarité des porte-parole, ou plutôt des porte-flingues, du pouvoir en place.

La France de Sarkozy c’est la télé de Berlusconi et les méthodes de Poutine. Ce qui dérange l’UMP, c’est que SR a une voix qui porte et qu’elle incarne à elle seule l’opposition : tenter de la faire taire en la discréditant, c’est aussi reconnaître que ses idées et popularité dérangent le pouvoir.

Les porte-parole de l’UMP ferait mieux de répondre sur le fond aux propositions de Ségolène Royal sur l’urgence écologique, le mandat unique, la réforme des retraites, la révolution fiscale, plutôt que de tenter de refaire le coup aux Français des manipulations de la campagne présidentielle. Plus personne n’est dupe ! »

http://vieenrose.blogs.liberation.fr/revault/images/2008/03/04/mignard.jpg

Communiqué de Jean Pierre Mignard, avocat, le 8 juillet 2008

« Avec l'élégance de propos qui lui est coutumière, Monsieur Lefèvre prétend que Madame Royal a « pété un câble » pour constater une coïncidence entre la mise à sac de son appartement et la mise en cause du pouvoir politique.

La visite de son appartement a été constatée par la police et le serrurier réquisitionné, son officier de sécurité et le Procureur de la République de Nanterre qui s'est personnellement transporté sur les lieux.

Rien ou presque n'a été volé, mais tout a été bouleversé et la copie de la plainte de son premier cambriolage déchirée et exhibée.
Ceux qui ont agi se sont sentis assez forts pour provoquer.

Si Monsieur Lefèvre qui sait tout sur tout a des informations rassurantes à donner à propos de cette infraction, il doit être entendu comme témoin par le Procureur de la République. »

http://medias.fluctuat.net/people-diapos/4/8/4824/diapo-1.jpg

Communiqué de François Rebsamen, maire de Dijon, le 9 juillet 2008

« Pour la deuxième fois l’appartement de Ségolène Royal a fait l’objet le 27 Juin d’un « cambriolage » d’un genre particulier : une intrusion, pas de vol, mais une mise à sac et une une mise en scène, orchestrée qui relève de la menace et de l’intimidation musclée.

Et depuis ?

Un silence assourdissant des médias, des observateurs, de la ministre de l’Intérieur. Pas un mot de soutien de Nicolas Sarkozy qui a pourtant érigé la compassion en méthode de gouvernement, Mais des insultes du Premier Ministre et du porte parole de l’UMP, quand Ségolène Royal s’interroge sur les liens entre les attaques dont elle est victime et son rôle d’opposante au président de la République.

Imaginons un instant qu’en 1988 ou 1989 le candidat de la droite à la présidentielle, Jacques Chirac, ait été victime du même type de pratiques. Complot, affaire d’Etat, que n’aurions nous pas entendu…

Aujourd’hui rien, circulez il n’ y a rien avoir.

Une des chefs de l’opposition, l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle, est menacée dans sa sécurité quotidienne et la seule réponse est de l’accuser de « péter les plombs ».

La démocratie c’est d’abord le respect de l’opposition, j’appelle les représentants de la majorité à s’en souvenir. »

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Communiqué de Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, le 9 juillet 2008

« La mise à sac de l'appartement de Ségolène Royal est un fait grave qui devrait susciter l'indignation de tous les responsables politiques par delà les clivages.

Il est particulièrement choquant que le Premier Ministre, au lieu de condamner énergiquement toute tentative d'intimidation d'une responsable politique de premier plan, ressorte des formules vieilles de l'inquisition accusant la victime de démence.

Monsieur Fillon a manifestement perdu le sens des valeurs et des usages républicains, c'est tout à fait regrettable.

On aurait préféré qu'il commente, tout comme les autres responsables de l'UMP, ce que Ségolène Royal a dit sur la mainmise du clan des puissants amis de Monsieur Sarkozy sur la France, et en particulier sur les médias. Leur silence gêné montre que Ségolène Royal a visé juste. »

Mercredi 9 juillet 2008
FRANCE 2  JOURNAL DE 20H  Le 08/07/2008 20:31:15 – Extrait
David PUJADAS

 

 

Bonsoir Ségolène ROYAL.

Ségolène ROYAL, présidente PS du Conseil réginal de Poitou-Charentes

Bonsoir.

David PUJADAS

Quelques questions d'actualité d'abord. Vous avez déclenché une belle polémique en affirmant que Nicolas SARKOZY n'était absolument pour rien dans la libération d'Ingrid BÉTANCOURT alors qu'il y avait un certain consensus droite/gauche. C'étaient des paroles maladroites ? Vous les regrettez ?

Ségolène ROYAL

Je vais vous dire une chose, David PUJADAS. Je ne dépends d'aucune puissance d'argent, d'aucun système médiatique. Je ne suis sujette à aucune pression car je n'ai jamais rien fait de malhonnête dans ma vie. Donc je ne peux être sujette à aucun chantage et donc ma liberté de parole sera totale. Et j'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il fallait mettre fin à la mainmise du clan SARKOZY sur la France, mon domicile a été mis à sac et mes deux fils ont pu constater ce qui avait été fait à ce moment-là. Et heureusement…

David PUJADAS

Vous faites un rapport entre les deux ?

Ségolène ROYAL

Je fais un rapport entre les deux en effet et je considère qu'aujourd'hui, il y a une mainmise du pouvoir sur les médias. Et pour avoir dit cette phrase somme toute très banale, selon laquelle effectivement, lors de la libération d'Ingrid BÉTANCOURT – et je ne faisais que répondre à une question de l'un de vos confrères qui me…

David PUJADAS

Vous avez été critiquée à gauche aussi pour cette phrase…

Ségolène ROYAL

 Attendez, un de vos confrères qui me demandait, après avoir parlé d'Ingrid BÉTANCOURT, que j'ai fait d'ailleurs longuement applaudir par des dizaines de milliers de Québécois massés sur le long du Saint-Laurent. Un de vos confrères me demande : « Est-ce que dans cette libération, Nicolas SARKOZY a été pour quelque chose ? » Je n'ai fait que reprendre les propos de l'Élysée et du quai d'Orsay : non, il n'a été pour rien dans cette libération…

David PUJADAS

 Donc pas de regret…

Ségolène ROYAL

 C'est une opération militaire colombienne. Il s'en est suivi, vous avez vu, une espèce de lynchage médiatique ridicule. Mais je le répète, ma parole restera libre et je dirai très clairement, chaque que j'ai besoin de parler, ce qui correspond à mes yeux à la vérité…

David PUJADAS

 Ingrid BÉTANCOURT ne vous a-t-elle pas démentie en quelque sorte en remerciant Nicolas SARKOZY pour son action pour sa libération ?

Ségolène ROYAL

 Mais Ingrid BÉTANCOURT a remercié la France en général, tous les Français et les millions de Français qui se sont mobilisés, les milliers de communes qui ont affiché son visage et les présidents précédents – Jacques CHIRAC, Dominique de VILLEPIN et c'est tout.

David PUJADAS

 Oui, je…

Ségolène ROYAL

Mais dans la libération – mais n'y revenons pas –, je crois que là il y a eu une polémique qui a été totalement déplacée…

David PUJADAS

 N'y revenons pas mais je reviens d'un mot au cambriolage. Si vous faites ce rapport entre vos déclarations…

Ségolène ROYAL

Ce n'est pas un cambriolage, c'est une mise à sac où rien n'a été pris…

David PUJADAS

Et cette mise à sac, est-ce que c'est une accusation ?

Ségolène ROYAL

Non non, ce n'est pas par rapport à la libération, c'est par rapport à ce que j'ai dit avant dans ma contribution pour le congrès du Parti socialiste…

David PUJADAS

Bien sûr. Par rapport à vos déclarations. Est-ce que c'est une accusation ? …

Ségolène ROYAL

J'observe que je suis la seule responsable politique à dénoncer très clairement ce qui se passe aujourd'hui contre le service public de l'audiovisuel. Il y a un rapt, il y a un vol sur la publicité de FRANCE 2 et de FRANCE 3 pour enrichir les amis de Monsieur SARKOZY – Messieurs BOUYGUES, LAGARDÈRE, BOLLORÉ – qui s'apprêtent en plus à se positionner pour la privatisation d'EDF et d'AREVA. Nous avons vu en début de « Journal » l'incident nucléaire qui vient d'avoir lieu. Est-ce que vous pensez qu'il est raisonnable de privatiser EDF et de privatiser AREVA pour les amis de Monsieur SARKOZY à un moment où il y a une crise énergétique ? Ma réponse est non et je le dirai et je le répèterai et je ne subirai aucune intimidation pour empêcher ce mauvais coup contre la France.

David PUJADAS

Pour que les choses soient claires, est-ce que c'est une forme d'accusation que vous formulez contre le pouvoir en place après la mise à sac de votre appartement ?

Ségolène ROYAL

C'est une drôle de coïncidence et c'est la seconde fois. La première a eu lieu pendant la campagne présidentielle.

David PUJADAS


Autre sujet d'actualité, Nicolas SARKOZY pourrait, devrait annoncer qu'il va se rendre en Chine pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. C'est une bonne chose ou une mauvaise chose ?

Ségolène ROYAL

Moi, je crois que je ne l'aurais pas fait. Tant que la question du Tibet n'a pas été résolue, tant que la question des droits humains n'a pas été résolue, on vient de voir tout de suite là dans vos reportages qu'au G8, la Chine ne s'est pas associée non plus à la réduction de la lutte contre l'effet de serre. Or, on sait que la planète est dramatiquement menacée si la Chine ne maîtrise pas ses émissions de gaz à effet de serre. Donc dans ce contexte, je n'aurais pas été présenté à cette ouverture.

David PUJADAS

Alors concernant votre livre, on a connu une Ségolène ROYAL très iconoclaste en 2006, quand vous avez commencé votre campagne interne au Parti socialiste. Dans ce livre, il y a certes des propositions : la retraite par points qui peut aller au-delà de soixante ans, la cérémonie pour l'âge de la majorité. Mais on vous sent tout de même plus raisonnable, plus PS compatible. Est-ce que c'est une volonté de votre part ?

Ségolène ROYAL

Ah ! Je ne crois pas. D'abord, c'est un livre de travail très approfondi qui a pris une année, qui m'a permis non seulement de rencontrer des chercheurs, d'aller même aux États-Unis rencontrer Suzanne BERGER, Philippe AGHION, des prix Nobel comme Amartya SEN, de regarder de très près ce que disait STIGLITZ aussi sur la question de la mondialisation pour répondre aux préoccupations des Français. Car qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Il y a une tempête, il y a une crise profonde à la fois financière, énergétique, presque morale aussi. Et donc les Français se demandent quoi ? Qu'est-ce qu'on cherche à savoir ? Si la politique a encore un sens. Et ma réponse est oui. Et je crois qu'on a le droit de comprendre ce qui se passe. Et au fond, ce que je fais dans ce livre, en dialoguant avec un grand sociologue, c'est de mettre à la portée de tous ce que j'ai compris de la mondialisation, à la fois mondialisation heureuse, celle qui devrait nous tirer vers le haut, et puis la mondialisation, au contraire, qui nous tire vers le bas et celle-là que nous devons refuser, avec des propositions très opérationnelles, très concrètes. Vous savez, aujourd'hui, de quoi les Français ont peur ? De la baisse du pouvoir d'achat. Il y a pourtant des solutions, à commencer par la ristourne des superprofits de TOTAL. Vous savez, un chiffre très simple, hein : si l'on reprend les sept milliards et demi de profits de TOTAL et qu'on les transforme en un chèque chauffage pour les Français, ça fait trois cents euros par Français. Ou un chèque pour qu'ils puissent partir en vacances et mettre de l'essence dans leur réservoir. Donc vous voyez, la politique, ça a un sens. Et il ne faut pas accepter des dégâts de la mondialisation, il faut remettre du sens politique. Et donc c'est à la fois la confrontation des recherches les plus abouties dans ce domaine et en même temps, des cris que lancent un certain nombre de personnes qui souffrent et en particulier ce jeune que j'ai rencontré, que je cite et qui dit : « Mais je n'ai pas peur de l'avenir, j'ai peur de ne pas en avoir. » Eh bien moi, je pense qu'aujourd'hui, le socialisme peut être une force neuve au sens où jamais on a eu autant besoin de réglementation, de justice aussi, de bonne répartition des ressources. Or là avec le système SARKOZY, on a quoi ? On a l'enrichissement de quelques-uns aux dépends du plus grand nombre. Eh bien moi, je pense qu'il y a d'autres façons de procéder…

David PUJADAS

Merci Ségolène ROYAL. « Si la gauche veut des idées », c'est donc le titre de votre livre avec Alain TOURAINE qui sort aujourd'hui. Merci d'avoir accepté notre invitation. 20:38:12 FIN

 

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